top of page
Rechercher

TERRES ARABLES ET INSECURITE ALIMENTAIRE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQ UE DU CONGO : ENJEUX GEOPOLITIQUES

Omombo Wembo Hervé

Relations Internationales, l’Université de Kinshasa, https://orcid.org/: 0009-0000-5972-2954, e-mail: herveomombo2017@gmail.com 


Résumé

La République Démocratique du Congo est l’un des pays immensément riches en terres arables, avec les atouts climatiques permettant d’exercer une activité agricole. Au-delà de ses atouts, sa population est néanmoins confrontée à une insécurité alimentaire criante. Ainsi, cet article cherche à comprendre pourquoi le pays riche en ressources agronomiques issues de vastes terres arables connait une insécurité alimentaire aiguë.  Partant d’une analyse comparative basée sur la littérature en la matière, nous soutenons que ce faible niveau de productivité serait dû à la non-adoption des nouvelles technologies adoptées à l’agriculture moderne. L’usage de la théorie de la géographie de la faim de Josué de Castro constitue une approche géographique et socio-politique qui postule que la faim n’est pas une fatalité naturelle, mais le résultat de facteurs humains, économiques et politiques. Cette théorie nous permet de constater que les acteurs politiques du pays accordent moins d’importance à la production agricole, bien qu’elle soit l’un des facteurs-clés du développement et la stabilité d’un Etat. 

Mots-clés : Terres arables, Insécurité alimentaire, La République Démocratique du Congo, production agricole, géopolitiques

 

Abstract

The Democratic Republic of Congo is one of the world's richest countries in terms of arable land, with favorable climatic conditions for agriculture. Despite these advantages, its population faces a critical food insecurity. This article seeks to understand why this country, rich in arable land resources, is experiencing such acute food insecurity. Based on a comparative analysis of existing literature, we argue that this lack of productivity stems from the failure to adopt new technologies in modern farming practices. We employ Josué de Castro's theory of the geography of hunger, a geographical and socio-political approach that explains hunger is not a natural inevitability, but rather the result of human, economic, and political factors. This theory allows us to observe that the country's political actors do not prioritize agricultural production, even though it is a key factor in the development and stability of a nation.

  Keywords: Arable land, Food insecurity, Democratic Republic of Congo, agricultural production, geopolitics

 

 

Introduction

 

En jetant un regard avisé sur la cartographie mondiale, nous sommes arrivés au constat selon lequel l’alimentation figure parmi les plus inaliénables droits de l’homme de la deuxième génération, des lors qu’elle relève du domaine de tout ce qui se rapporte à l’apport de nourriture nécessaire au bon fonctionnement de tout organisme vivant. C’est au regard de cet intérêt porté a cette question que, lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies, tenue à New York, du 16 décembre 1966, a l’occasion de l’Adoption du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, toutes les parties prenantes avaient reconnu de façon  unanime que : « le droit humain à l’alimentation, est un droit d’avoir un accès régulier, permanant et libre, soit, directement, soit au moyen d’achat monétaire, d’une nourriture qualitative et quantitative adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont  issue le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d’angoisse satisfaisante et digne » (Ziegler, 2003) .

Face à cette adoption du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux, culturels et à l’alimentation, la population congolaise éprouve d’énormes difficultés pour a accéder à une alimentation de qualité et saine sur l’ensemble du territoire national. Or, l’accès à une alimentation de qualité est le tributaire de la stabilité d’un Etat. Ainsi, pour mieux étayer notre argumentation, nous procédons à une analyse comparative en nous appuyant sur les avantages comparatifs avec d’autres pays du monde ayant augmenté leurs budgets grâce à l’agriculture, à l’occurrence de la Chine.

 

Bien avant l’unification de la première Chine, en -221 av. J.-C., les penseurs et le gouvernement chinois placèrent l’agriculture et l’alimentation de la population au centre de la gestion des Royaumes avec le Gouvernement comme régulateur de la production agricole. L’agriculture et la capacité de nourrir la population devant constituer les principales préoccupations des souverains, les troubles liés à l’alimentation étaient souvent l’une des causes du renversement des dynasties. Négliger l’agriculture, en particulier l’entretien des stocks de céréales permettant de prévenir les famines, a d’ailleurs causé la chute de plusieurs empereurs, ils avaient perdu le « mandat du ciel » qui leur conférait la légitimité. Surnommée The Land of Famine par Mallory, aucune autre civilisation n’aurait conservé cette constance idée de la famine qui influence encore aujourd’hui la nation qui est la Chine. Conscience de cette nécessité d’éviter des famines joua un rôle crucial dans l’élaboration des politiques publiques et dans la définition des objectifs assignés à l’Etat (Chaumet, 2022). Maitriser son approvisionnement agricole était une condition de puissance d’un Etat et donc sa survie. Il est intéressant de remarquer que cette idée liant la puissance d’un Etat à la santé de son agriculture a traversé les siècles puisque le plus important document d’orientation politique annuel mentionnait en 2015 : « Pour que la chine soit forte, son agriculture doit être forte » (Chaumet, 2022).

 

Par ailleurs, parmi les droits de l’homme de la deuxième génération, ceux relatifs aux droits économiques, sociaux, culturels et à l’alimentation connaissent une certaine entorse en République Démocratique du Congo. Il est de notoriété publique que la sécurité alimentaire d’un pays est largement tributaire de la qualité de la politique économique et sociales conçues et implémentées par les gouvernants. En principe, ce sont ces derniers qui assurent des conditions de l’implémentation des actions a impact significatif sur l’augmentation de la production agricole et sur l’accès des populations à la nourriture. Dans ce domaine, l’image que renvoie la République Démocratique du Congo (RDC) dans le concert des nations est de plus écornée qui soit pour autant plus qu’en cette matière, le pays nourrit des paradoxes criants lorsqu’on connait les énormes potentialités dont regorge ce pays et la sous-alimentation dont sont victimes la population qui au quotidien les affres de la faim (Bagebole, 2022; Mokonda, 2009).

A cet effet, la République Démocratique du Congo dispose de plus de 80 millions d’hectares de terres arables dont moins de 10% sont actuellement exploités. La diversité des climats, appuyée par un important réseau hydrographique, permet de pratiquer une gamme variée des spéculations agricoles. Les étendues d’herbage et des savanes sont susceptibles de supporter un élevage de plus ou moins 40 millions de têtes de gros bétail. Les forêts tropicales qui occupent 135 millions d’hectares, soit 52% du territoire, constituent une réserve importante de biodiversité et des terres aménageable. Alors que le potentiel d’irrigation est évalué à 4 millions d’hectares, actuellement cette pratique est encore modeste. Elle est confinée à la production industrielle de la canne à sucre et dans une moindre mesure à la riziculture (Mokonda, 2009). En revanche, d’aucuns pensent que la République Démocratique du Congo, un pays immensément riche en potentialité écologique soit classé parmi les pays les plus pauvres du monde. Au-delà de tous les atouts agricoles que nous avons par rapport à d’autres pays du monde qui ont épargné leurs populations par les affres de la famine, quelques questions brouillonnent nos têtes et méritent d’être posées : l’insécurité alimentaire en RDC, relève-t-elle des politiques agricoles ou simplement des stratégies de parties prenantes ? Comment atteindre la sécurité alimentaire en RDC ?

Fondée sur une approche qualitative qui s’appuie sur une recherche documentaire et la théorie de la sécurité humaine, cette étude démontre les enjeux liés à l’insécurité alimentaire dont souffre la population congolaise les affres de la faim pendant que le pays détient les vastes étendus de terres arables et les conditions climatiques au rendez-vous permettant une activité agricole. La présente recherche bien que plusieurs auteurs ayant écrits sur le problème de l’insécurité alimentaire en RDC. 

De ce qui précède, le cheminement discursif de cet article se présente de manière suivante : le premier point définit les concepts de terres arables et d’insécurité alimentaire ; le deuxième point justifie l’usage de la théorie de géographie de la faim; le troisième point aborde la question de l’insécurité alimentaire et ses conséquences sur la vie des Congolais et enfin le quatrième point analyse les enjeux géopolitiques.

1. Terres Arables et Insécurité Alimentaire

1.1. Terres arables 

Etymologiquement parlant, le terme « arable » est dérivé du mot latin arabilis, qui signifie « capable d’être labouré ». Bien que les terres puissent être utilisées à la fois pour la culture et le pâturage du bétail, leur fonction première est de soutenir l’agriculture). En pédologie et en agronomie le terme terre arable est désignée comme une « couche arable » qui signifie un horizon de surface,  un  sol labouré ou couche superficielle du sol. Etant la plus meuble et la plus riche en matière organique, les pratique culturales (labour, travail du sol, fertilisation) influence l’essentiel du système racinaire des plantes cultivées (Baize & Jabiol, 2011). Son épaisseur varie généralement de 15 à 30 centimètres et correspond souvent à la profondeur de labour. Cette couche est le siège de processus biologiques et chimiques intenses qui conditionnent la fertilité du sol.  En un mot, une terre arable est celle qui est cultivable et fertile a cause de la minéralisation de la matière organique, activité biologique, échanges avec l’atmosphère (Bonnamour, 1967; Feller et al., 2016).  

En sus de cela, les terres arables possèdent des caractéristiques spécifiques qui méritent d’être discutées aux subséquentes lignes. En effet, la terre arable possède les propriétés nécessaires au développement des cultures. Généralement, l'épaisseur de cette couche fertile varie de peu à plusieurs dizaines centimètres de centimètres selon les zones géographiques et les types de sols. La qualité du climat, la topographie, la gestion des cultures et les activités humaines influence la richesse de la terre arable laquelle repose sur un équilibre subtil d'éléments minéraux, de matières organiques, de microorganismes et d'humidité. Bien plus, une terre arable présente plusieurs qualités agronomiques recherchées parce qu’elle est friable, aérée et capable de retenir l'eau tout en permettant le drainage des excès. Sa structure meuble facilite la circulation des racines, l'infiltration de l'eau et les échanges gazeux indispensables à la vie du sol. Les constituants majeurs de la terre arable argiles, limons, sables et matières organiques offrent non seulement un environnement propice à la croissance des plantes, mais aussi au développement de la faune et de la flore du sol. Les microorganismes, comme les bactéries et champignons, jouent un rôle central en décomposant la matière organique, ce qui enrichit la terre en nutriments assimilables par les racines. La capacité d'une terre à être arable dépend aussi de la gestion qui en a été faite. Les terres soumises à des cultures intensives ou mal gérées peuvent subir une baisse de fertilité, une compaction ou une érosion qui diminuent leur potentiel. À l'inverse, une rotation des cultures, l'apport de matières organiques et une gestion raisonnée des labours contribuent à préserver la qualité de la terre arable sur le long terme. Ainsi, si la nature du sol est importante, les pratiques agricoles choisies par l'être humain jouent un rôle déterminant dans l'état et la pérennité des terres arables (Futura, 2025).

 

1.2 Insécurité alimentaire

Depuis les années 1980 et au début de l’années 1990 qu’un grand nombre d’études éclaircissent le concept d’insécurité alimentaire en faisant ressortir la nature multidimensionnelle et complexe de ce phénomène. Parmi des auteurs ayant fourni des efforts pour cerner cette question, il sied de citer entre autres Ziegler (2003), Amartya (1993), Pierre Janin (2015), Nsakala et Stiftung (2020), Touzard et Temple (2012), Vonthron et al.  (2016). Une autre vague de travaux sur cette question provient des publications du FAO en corédaction avec d’autres institutions internationales (FAO, FIDA, OMS, PAM, & UNICEF, 2024; FAO, IFAD, UNICEF, WFP, & WHO, 2025; FAO, IPAD, & WFP, 2015; FAO, Union Européenne, & Cirad, 2022; F. FAO, OMS, PAM et UNICEF, 2024; F. FAO, UNICEF, PAM, OMS, 2024; O. d. N. U. p. l. a. e. l. a. FAO, 1999).

En s’inspirant des auteurs précités, l’insécurité alimentaire se définit comme « la non-satisfaction des besoins alimentaire essentiels »(Janin, 2008a) la pénurie alimentaire se manifeste par l’incapacité pour une population d’accéder de manière régulière et suffisante aux aliments de base nécessaires à une vie saine et active. Elle résulte soit d’une insuffisance de l’offre (production ou disponibilité alimentaire ne couvrant pas les besoins), soit d’un déficit d’accès (physique économique ou social) aux denrées essentielles et à l’eau potable. En d’autres termes, elle traduit le déséquilibre structurel ou conjoncturel entre la demande alimentaire d’une communauté et les ressources disponibles pour y répondre, compromettant ainsi la sécurité nutritionnelle et sanitaire des populations concernées. L’insécurité alimentaire représente l’inquiétude liée à une incapacité limitée ou incertaine de se procurer et de consommer une quantité suffisante d’aliments nutritionnellement appropriés par les moyens habituels. Selon Azoulay, l’insécurité alimentaire est un terme qui regroupe l’ensemble des situations ou des populations souffrent ou risquent de souffrir des manifestions de la faim ; c’est-à-dire, des diverses formes de nutrition ou de la famine (Azoulay, 1998).

 

1.2.1 Types d’insécurité alimentaire

Un corpus de la littérature met en évidence l’existence d’une multitude d’insécurité alimentaire. Qu’elle soit de l’insécurité moderne (Richard & Régimbal, 2024) ou rurale (Janin, 2008b),  multidimensionnelle (Janin, 2010)  ou saisonnière (Vall, Andrieu, Beavogui, & Sogodogo, 2011), individuelle ou collective (Sané, 2020), chronique (Ouédraogo, Kaboré, & Kienou, 2007) ou sévère (UNICEF, 2024), les typologies actuelles sur l’insécurité alimentaire se concentrent principalement sur les quatre types suivants.  –

- Insécurité alimentaire chronique

L’insécurité alimentaire est dite chronique quand l’accès des individus, des foyers, des régions, des pays aux aliments s’avère insuffisant en terme journaliers ; et ce, indépendamment de la saison ou de la période de l’année. Dans une telle situation, les ménages courent continuellement le risque de n’est pouvoir couvrir les besoins alimentaires de chacun de leurs membres. Cela pourrait être le cas des ménages qui n’ont pas accès à une terre fertile ou qui sont confrontés à des contraintes permanentes limitant leur production (Bagebole, 2022; Ouédraogo et al., 2007).

 

 - Insécurité alimentaire transitoire

L’insécurité alimentaire transitoire est une forme temporaire d’insécurité alimentaire qui survient de manière soudaine et imprévisible. Elle résulte généralement de chocs exogènes tels que des catastrophes naturelles (sécheresses, inondations), des crises économiques (fluctuations brutales des prix), des conflits armés ou des perturbations politiques qui réduisent temporairement la capacité d’accès des populations à une alimentation suffisante (Janin, 2015)

- Insécurité alimentaire Temporaire

L’insécurité alimentaire temporaire se caractérise par une incapacité temporaire révisible d’un ménage ou d’une population à accéder à une alimentation suffisante. Elle résulte de chocs exogènes soudains fluctuations des prix alimentaires, instabilité de la production agricole, pertes de revenus, catastrophes naturelles ou conflits qui perturbent momentanément l’accès aux ressources alimentaires. Contrairement à l’insécurité chronique, structurelle et permanente. Cette insécurité est conjoncturelle et peut-être atténuée par des interventions d’urgence appropriées. Dans sa forme la plus aiguë, elle peut conduire à des situations de famine (Pellekaan, 1986).

- Insécurité alimentaire aiguë 

L'insécurité alimentaire aiguë survient lorsque le manque d'accès à une alimentation adéquate conduit met en péril la survie d’une personne ou d’un groupe d’individus, en raison de son caractère intense et urgent, et parce qu’elle nécessite une aide  extérieure rapide afin d’éviter les dangers causes par la famine, la privation et la surmortalité .

 

1.2.2 Impacts d’insécurité alimentaire  

Dans une planète qui produit assez pour nourrir toute sa population, 783 millions de personnes ne mangent pas à leur faim chaque jour. Après des décennies de baisse, l’insécurité alimentaire s’est aggravée depuis 2014, sous l’effet de la multiplication des conflits armés, des phénomènes climatiques extrêmes et des crises économiques à répétition. Elle résulte également de la défaillance structurelle d’un système agricole et alimentaire mondial profondément inégalitaire. Si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre de personnes sous-alimentées dépassera les 600 millions en 2030  entraînant plusieurs pays dans la famine. Il est urgent de changer de cap et de repenser en profondeur nos modes de production agricole et de distribution alimentaire, dans le respect de la nature et de l’humain (Belgrave, 2021).

 La FAO estime actuellement que 733 millions de personnes souffrent sévèrement de la faim et sont en situation de sous-alimentation chronique, c’est-à-dire dans l’incapacité d’accéder de façon régulière à la nourriture en quantité suffisante et couvrant leurs besoins essentiels. Toutefois, si l’on évalue l’insécurité alimentaire dans son acception la plus vaste, à savoir les difficultés d’accéder à une alimentation saine et équilibrée, ce sont en réalité 3,1 milliards de personnes, soit environ 42% de la population mondiale, qui n’ont pas les moyens de se procurer une nourriture de qualité et suffisamment nutritive  (F. FAO, OMS, PAM et UNICEF, 2024)

 L’insécurité alimentaire se traduisant par une détérioration de la qualité du régime alimentaire, elle accroît le risque de malnutrition, ce qui peut entraîner dénutrition ou à l’inverse, surpoids et obésité, en augmentation dans toutes les régions du monde. Les conflits sont directement responsables de plus de la moitié des crises alimentaires aigües, qui menacent à court terme la vie et les moyens de subsistance de 258 millions de personnes dans le monde. Trois pays représentent à eux seuls le quart de ce nombre : l’Éthiopie, la République démocratique du Congo et l’Afghanistan. Également en cause, les dérèglements climatiques, qui impactent directement les rendements et les prix agricoles et ont des effets dévastateurs pour les petites exploitations familiales dans les pays du Sud. En outre, avec un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre qui lui sont imputables, le système agro-alimentaire industriel contribue largement à alimenter la crise climatique, qui elle aussi touche en premier lieu les personnes déjà vulnérables (Flourens, 2023).

 

2. La géographie de la faim 

La théorie de la géographie de la faim de Josué de Castro (1946) est mieux placée pour expliquer la problématique d’insécurité alimentaire en République Démocratique du Congo. Ce théorise approfondit la question de l’insécurité alimentaire dans le monde dans une approche géographique et socio-politique qui explique que la faim n’est pas une fatalité naturelle, mais le résultat de facteurs humains, économiques et politiques. Il  pustule que la faim est un phénomène socialement construit, causé principalement par la mauvaise organisation économique, les inégalités et l’exploitation, et non par manque global de nourriture. Il renchérit en arguant que l’homme n’est pas victime de la nature, mais il est plutôt l’architecte conscient ou non de sa propre pénurie.

En puisant sur cette théorie, nous arguons que la  RDC constitue une validation contemporaine éclatante du paradoxe relevé par Castro . Il existe une contradiction dans la géographie congolaise car le pays s’étend sur près de deux millions trois cent mille kilomètres carrés et 80 millions d’hectares de terres arables. Théoriquement, les produits provenant de ces terres pourraient nourrir non seulement des Congolais, mais aussi tout le continent Africain. Aujourd’hui l’insécurité alimentaire en RDC suscite des interrogations sur la contradiction entre la présente de cette terre abondante et la persistance de la famine aiguë. Toute cette panoplie d’interrogation indique que la faim en République Démocratique du Congo n’apparait pas une fatalité, mais plutôt une construction sociale des décideurs qui sont sensés définir une politique agricole et des structures économiques capables d’endiguer à cette insécurité alimentaire.

Etant donné la persistance de la faim en République Démocratique du Congo et la désarticulation des structures agricoles paysannes, nous soutenons l’analyse de Josué de CASTRO permet d’affirmer que la faim en RDC est bien liée aux structures économiques du système colonial et capitaliste. Elle le produit d’une histoire de prédation et d’une insertion forcée et déséquilibrée dans l’économie mondiale. Grosso mode, la théorie de Josué de Castro permet à cette étude d’élucider à tel point la faim est une conséquence des inégalités structurelles et non une fatalité naturelle en République Démocratique du Congo.

 

3. Insécurité alimentaire et ses conséquences sur la vie des Congolais

Parler de l’insécurité alimentaire en République Démocratique du Congo c’est mentionner les conséquences de la faible production agricole sur la vie des populations congolaises. Environ 27 millions de personnes en République Démocratique du Congo connaissent des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aigue entre septembre et décembre 2022, dont environ 6,1 millions connaissent des niveaux critiques d’insécurité alimentaire aigue. Cette insécurité alimentaire est le résultat des plusieurs facteurs, notamment une combinaison de conflits armés, l’instabilité politique, déclin économique, une flambée de prix alimentaire et l’impact persistant de la pandémie de COVID-19 (Institut National des Statistiques, p. 2022).

Un régime alimentaire pauvre conduit à la malnutrition protéino-énergitique et la carence en micronutriment. Ces formes des malnutritions sont très fréquentes dans les pays en développement et sont considérés comme les principales causes de décès et de maladies de millions des personnes, en particulier les femmes enceintes et les enfants. En RDC, alors que 15% des ménages souffrent des carences des protéines, au moins 50% de la population a une déficience en vitamine B12, calories, riboflavine, fer, vitamine E, acide folique et Zec(Koffi AKAKPO, 2014). Par conséquent, nous pouvons affirmer que la bonne santé nécessite un bon statut alimentaire. Un aliment inadéquat augmente les risques de maladies. Cependant, l’agriculture est une activité économique ayant pour objectif : la transformation et la mise en valeur du sol afin d’obtenir les produits végétaux et animaux utiles à l’homme, en particulier. Elle désigne ainsi, l’ensemble de savoir-faire et activités ayant pour objet   la culture des terres, et, plus généralement l’ensemble des travaux, (pas seulement terrestres), permettant de cultiver et de prélever les êtres vivants (végétaux, animaux, voire des champignons ou microbes) utiles à l’être humain. Elle se pratique généralement en milieux ruraux où du fait de la faible concentration démographique, il peut être mobilisé de vastes étendus des terres et une main d’œuvre un peu instruite.

Avant la colonisation, l’homme congolais avait son système traditionnel de travail qui lui permettait à subvenir à ses besoins. Il consistait en soi à cultiver une terre qu’on abandonnait lorsqu’elle présentait des signes de baisse de production et on n’en reprenait généralement la culture qu’après une longue période de jachère. A l’arrivée de la colonisation, certains paramètres ont changé, entre autres l’augmentation du rendement agricole pour donner suite à une exploitation à outrance du terrain. La conséquence de cette situation était la baisse de la fertilité du sol avec comme corollaire l’exode rural. C’est ainsi qu’en 1933, le Prince Léopold de Belgique lança l’idée du paysannat. En 1936, l’INEAC exploita cette idée à la Station de Ngandajika, dans la savane du Lomami, avec un paysannat indigène qu’on installa à proximité de la Station. Les systèmes culturaux traditionnels de la province maintenue mais rationalisés, ont donné des résultats favorables (Mpanzu, 2012). Cela étant, l’agriculture de la République Démocratique du Congo devrait continuer à consolider la même logique des pratiques agricoles de 1933 qui donnaient des résultats probants. 

L’agriculture traditionnelle en République Démocratique du Congo (RDC) constitue l’épine dorsale de l’économie rurale et le fondement des moyens de subsistance pour une majorité de la population. Elle s’inscrit dans une histoire longue, façonnant non seulement les paysages mais aussi les structures économique et sociales des communautés autochtones. Bien avant les influences coloniales et les tentatives de modernisation, des systèmes agricoles complexes et adaptés aux contraintes écologiques locales s’étaient développés dans l’ensemble du bassin du Congo (Vansina, 1990). Ces pratiques, souvent qualifiées de « traditionnelles », ne sont pas figées mais résultent d’un processus continu d’innovation et d’adaptation paysanne face aux définis environnementaux et socio-économiques. En RDC, ce mode de production se caractérise fondamentalement par une agriculture familiale et pluviale, utilisant des outils simples et reposant sur une connaissant approfondie du milieu naturel. Les systèmes de culture itinérante sur brûlis, ou des parcelles de forêt ou de savane sont déchirées, cultivées quelques années en jachère longue pour restaurer leur fertilité, restent prédominants (Miracle, 1967)

A l’époque coloniale, la technique d’encadrement de l’agriculture traditionnelle portait sur l’imposition des cultures tant vivrières (manioc, maïs, arachide, haricot, banane, taro, igname, etc.) que pérennes destinées à l’industrie et à l’exportation (palmier à huile, urena-lobata, etc.).

4. Enjeux géopolitiques

Tenant compte des aspects complexes avec toutes les facettes que celle-ci regorge sur la sécurité alimentaire tels qu’énoncé dans les lignes précédentes, cette section traitera les conséquences des répercussions des réchauffements climatiques dans le secteur agricole en République Démocratique du Congo et qui entrainent les différents enjeux sur l’insécurité alimentaire, qui entre autres géopolitique, militaire économique et commercial et sociale. Le secteur agricole en RDC est confronté à plusieurs séries des problèmes allant de l’absence des infrastructures des bases, du manque d’un cadre institutionnel cohérent, de l’absence d’une politique agricole claire mais aussi et surtout du non-maitrise de type de financement compatible aux réalités du monde agricole. Comme si cela ne suffisait pas, l’agriculture congolaise est devant un autre défi nouveau qui s’impose à elle celui de « changement climatique d’origine anthropique », changements provoqués par le fait des émissions de gaz à effet de serre engendrées par des activités humaines, modifiant la composition de l’atmosphère de la planète. A cette évolution viennent s’ajouter les variations naturelles du climat(Alikyamasa, 2021) .  Au regard de tous ces paramètres, la RDC est prise dans le piège des multinationales qu’utilisent l’alimentation comme une arme au travers la politique de l’aide alimentaire qui consiste à contrôler les Etats du tiers monde qui souffrent de l’insécurité alimentaire. On désigne généralement sous le terme d’arme alimentaire, ou quelquefois d’« agri-pouvoir », l’utilisation systématique, à de fins politiques, que peut faire un pays exportateur de produits alimentaires, de la situation de dépendance dans laquelle se trouvent ses partenaires. Les pays en voie de développement en train de décoller constituent, eux, d’excellents clients pour les Etats-Unis. En 1974, dix-huit pays en voie de développement ont fait plus de 100 millions de dollars d’achats sur le marché américain et dans beaucoup de ces pays les habitudes alimentaires prises tendent à rendre permanent ce besoin d’importation. La plupart d’entre eux ont d’ailleurs les moyens de pays, soit par leurs exportations de matières premières, soit par leurs exportations en produits manufacturés(Brichambat, 1976; Brichambaut, 1976).

Face à cette problématique donnée la République Démocratique du Congo adopte une attitude d’être neutre à toutes ses réalités, Or, le partisan assume ou la thèse ou l’antithèse, alors que l’éclectique se situe à califourchon sur la thèse ou sur l’antithèse dont elle va tirer une synthèse. Alors que le neutre qui est la RDC refuse de prendre parti ni pour l’un ni pour l’autre réalité.

Les conquêtes et les foncières sont très fréquent actuellement dans la plupart des territoires congolais par rapport aux mutations du basculement de l’économie mondiale vers les produits agricoles. Ce phénomène entraine plusieurs ramifications géopolitiques autour des conflits fonciers et agraires par les investisseurs étrangers. Cette quête des espaces est du tout simplement aux répercussions de réchauffement climatique dans le secteur agricole. Mais, surtout par la disqualification paysanne de la population locale par les acteurs politique. Cela entraine, d’énorme conflit meurtrier au profit des intérêts égoïste de ces derniers. Selon Bagebole (2022), l’histoire économique montre que l’accroissement de la densité démographique peut aller de pair avec une intensification et diversité des systèmes de cultures qui n’engendrent donc pas systématiquement de graves crises de production agricole. Les observateurs constatent que ce ne sont pas les pays où la densité démographique est la plus forte qui dépendent le plus des importations pour leur alimentation. Au contraire, ce sont des pays frontaliers, encore peu densément peuplés mais fortement urbanisés, comme le Gabon, le Congo, la RCA et la RDC, qui doivent importer des quantités importantes de leurs produits alimentaires. De toute évidence, dans les pays à faible exode rural et forte contraction des superficies cultivables par habitant, la terre devient une ressource plus que convoitée et inégalités à son accès engendrent des conflits qui deviennent insupportables, voire meurtriers, avec souvent pour effet, d’entraînement les famines et les déplacements massifs des populations. Ces conflits fonciers ont souvent pour origine les interventions. Inappropriées des Etats et de leurs administrations en matière d’aménagement du territoire et du développement rural. En outre, les difficultés d’accès à la terre engendrent des conflits interethniques qui amplifient la pauvreté en milieu rural, puisque résultant la plupart des cas de problèmes d’accaparement des terres.


 

Conclusion

 

Au terme de cette étude sur les espaces arables congolais et s’insécurité alimentaire en République Démocratique du Congo, il devient plus nécessaire d’intégrer la dimension de la mauvaise politique agricole de la RDC qui nous conduit à cette insécurité alimentaire. Dans le cas contraire, l’on assiste impuissamment à la production agricole, mais plutôt à la disparition de cette catégorie importante dans la chaine de production en RDC. Cette disparité requiert au manquement de moyens énormes affecter dans le secteur agricole, d’où la nécessité aux trois acteurs principaux à savoir : les pouvoir publics, les opérateurs financiers et les producteurs congolais de créer un cercle vertueux, institutionnel et d’autres de la compétence des producteurs agricoles eux-mêmes.

 


 

Références

 

Alikyamasa, W. (2021). Les ménages Agricoles RD. Congolais à l'épreuve des changements climatique: quelques stratégies d'Adaptation face à ce nouveau défi. Regard Lucide, 2.

Amartya, S. (1993). Pauvreté et famines : Essai sur les droits et les privations Paris: PUF.

Azoulay, G. (1998). Globalisation des échanges et sécurité alimentaire mondiale à l'horizon 2010. Tiers-monde, 153, 25-43.

Bagebole, N. (2022). Sécurité alimentaire en RD. Congo: volonté politique de l'Etat et adhésion des partenaires. Cas de la Province du Bas-Uélé. (Thèse de doctorat). Université de Kinshasa, Kinshasa.

Baize, D., & Jabiol, B. (2011). Guide pour la déscription des sols. Paris: Quae.

Belgrave, J. (2021). L'insécurité alimentaire aiguë atteint son niveau le plus élevé en cinq ans, alerte le Rapport mondial sur les crises alimentaires. Rome: WFP.

Bonnamour, J. (1967). Terre arable et milieu humain. Bulletin de l'Association de Géographes Français, 44(354), 47-55.

Brichambat, M. d. P. (1976). L'arme alimentaire existe-t-elle? Economie rurale, 115(3), 1-4. Retrieved from www.persee.fr/issue/ecoru_0013-0559_1976_num_115_1

Brichambaut, M. P. d. (1976, Septembre-octobre-novembre). L'arme alimentaire existe-t-elle? Eonomie rurale, 63-66.

Castro, J. d. (1946). Géographie de la faim. Paris: Ouvrières.

Chaumet, J.-M. (2022). La politique agricole chinoise Changement de cap pour un même objectif. Economie rurale 37(1), 3.

FAO, FIDA, OMS, PAM, & UNICEF. (2024). L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2024. Des financements pour éliminer la faim, l’insécurité alimentaire et toutes les formes de malnutrition. . Rome: FAO.

FAO, IFAD, UNICEF, WFP, & WHO. (2025). The State of Food Security and Nutrition in the World 2025 – Addressing high food price inflation for food security and nutrition. . Rome: FAO.

FAO, IPAD, & WFP. (2015). The State of Food Insecurity in the World 2015. Meeting the 2015 international hunger targets: taking stock of uneven progress. Roma FAO.

FAO, Union Européenne, & Cirad. (2022). Profil des systèmes alimentaires, République Démocratique du Congo. Activer la transformation durable et inclusive de nos systèmes alimentaires. . Rome, Bruxelles et Montpellier, : FAO.

FAO, F., OMS, PAM et UNICEF. (2024). L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2024- Financer la fin de la faim, de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition sous toutes ses formes. Rome: FAO.

FAO, F., UNICEF, PAM, OMS. (2024). L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde. Retrieved from Rome:

FAO, O. d. N. U. p. l. a. e. l. a. (1999). Produits Forestiers non ligneux en Afrique. Rome: FAO.

Feller, C., de Marsily, G., Mougin, C., Peres, G., Poss, R., & Winiarski, T. (2016). Le sol: une merveille sous nos pieds. Paris: Belin.

Flourens, M. (2023). La faim dans un monde d'abondance : des causes évitables, des solutions durables. Oxfam France. Retrieved from https://www.oxfamfrance.org/agriculture-et-securite-alimentaire/faim-dans-le-monde-causes-consequences-solutions

Futura, R. (2025). Terre arable: qu'est-ce que c'est? Futura Sciences. Retrieved from https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/developpement-durable-terre-arable-5930

Institut National des Statistiques, I. (2021). Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire: Preuve et Normes pour de Meilleures Décisions en Sécurité alimentaire et Nutritionelle. Retrieved from Kinshasa:

Janin, P. (2008a). L'insécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest: cadres politiques et options techniques pour l'action. Paris: HAL, archives-ouvertes.

Janin, P. (2008b). L'insécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest: cadres politiques et options techniques pour l'action. Open Archive HAL-IRD. doi:HAL Id : ird-00329475

Janin, P. (2010). La lutte contre l'insécurité alimentaire au Sahel: permanence des questionnements et évolution des approches. Cahiers Agricultures, 19(3), 177-184 (171).

Janin, P. (2015). Insécurité alimentaire. Paris: PUF.

Koffi AKAKPO, J. R. a. (2014). ANALYSE APPROFONDIE  DE LA SECURITE ALIMENTAIRE ET DE LA VULNERABILITE. Retrieved from Kinshasa:

Miracle, M. P. (1967). Agriculture in the Congo Basin: Tradution and Change. New York: University of wisconsin Press.

Mokonda, F. B. (2009). Initiation à la politique économique. Paris: Gallimard.

Mpanzu, P. (2012). Commercialisation des produits vivriers paysannes dans le Bas-Congo(R.D. Congo) Contraintes et Stratégies des acteurs. Universite de Liege, Liege.

Nsakala, R. N., & Stiftung, K. A. (2020). Insécurité et vulnérabilité alimentaires en RDC.: repères et données de base. Paper presented at the les actes des conférences de 2019 la résilience alimentaire et nutritionnelle en république démocratique du Congo, l’université de Kinshasa et l’université mariste de Kisangani.

Ouédraogo, D., Kaboré, M., & Kienou, B. (2007). Insécurité alimentaire, vulnérabilité et pauvreté en milieu rural au Burkina: une approche en termes de consommation d'énergie. Mondes en développement, 140(4), 65-84.

Pellekaan, R. S. J. v. H. (1986). Poverty and hunger: Issues and Options for Food Security in Developing Countries. Washington, DC.: The World Bank

Richard, É., & Régimbal, F. (2024). L’insécurité alimentaire chez les cégépiens. Canadian Journal of Higher Education.

Sané, M. (2020). Analyse empiriques des déterminants de la consommation alimentaire et leurs corrélations avec l’insécurité alimentaire chez les ménages vulnérables Sénégalais. Revue d’Économie & de Gestion, 4(1), 1-19.

Touzard, J.-M., & Temple, L. (2012). Sécurisation alimentaire et innovations dans l'agriculture et l'agroalimentaire: vers un nouvel agenda de recherche? Une revue de la littérature.

UNICEF. (2024). L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2024: Des financements pour éliminer la faim, l’insécurité alimentaire et toutes les formes de malnutrition. Paris Food & Agriculture Org.

Vall, E., Andrieu, N., Beavogui, F., & Sogodogo, D. (2011). Les cultures de soudure comme stratégie de lutte contre l'insécurité alimentaire saisonnière en Afrique de l'Ouest: le cas du fonio (Digitaria exilis Stapf). Cahiers Agricultures, 20(4), 294-300 (291).

Vansina, J. (1990). Paths in the Rainforest: Taward a History of Political Tradition in Equatorial Africa. Etats-Unis: University of Wisconsin Press.

Vonthron, S., Dury, S., Fallot, A., & Bousquet, F. (2016). L'intégration des concepts de résilience dans le domaine de la sécurité alimentaire: regards croisés. Cahiers Agricultures, 21(5), 293-301.

Ziegler, J. (2003). Le droit à l'alimentation. Paris: La Découverte.

 
 
 

Commentaires


bottom of page