top of page
Rechercher

L’AUTOPSIE DES CRISES DE LEGITIMITE POST-ELECTORALE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Bien Heureux Makambu, Saint José Inaka et Reagan Van Kabilanga




Résumé

Cet article déterre les racines structurelles et conjoncturelles des crises de légitimité postélectorale en République démocratique du Congo, de 2006 à 2023. Il se distingue de la pléthore d’études portant sur les crises postélectorales au Congo par sa focalisation approfondie sur les dynamiques et les impacts des clivages ethniques et religieux dans ces crises.

En mobilisant la théorie de l’ethnomathématique électorale, nous soutenons que l’instrumentalisation de l’ethnicité et les interférences antagoniques des religions attisent les flammes des crises de légitimité postélectorale dans le pays de Lumumba depuis les élections de 2006. À travers une recherche documentaire et une analyse critique de l’historique des élections congolaises, il s’est dégagé que les processus électoraux en RDC s’apparentent davantage à des recensements des groupes ethniques. De plus, il existe un divorce persistant entre la légalité formelle — proclamée par les institutions telles que la CENI et la Cour constitutionnelle — et la légitimité populaire, ancrée dans les perceptions sociologiques et empiriques des résultats des élections et la vérité des urnes. Ainsi, toutes les périodes postélectorales se caractérisent par des crises de légitimité et des frictions impliquant des groupes religieux, soit en opposition, soit en soutien au pouvoir politique.

Mots-clés : légitimité, crise postélectorale, l’ethnomathématique électorale, religion, ethnicité, République Démocratique du Congo

 

Abstract 

This article unearths the structural and conjunctural roots of the post-electoral legitimacy crises in the Democratic Republic of Congo, from 2006 to 2023. It differs from the plethora of studies on post-election crises in Congo by its in-depth focus on the dynamics and impacts of ethnic and religious cleavages in these crises.

By mobilizing the theory of electoral ethnomathematics, we argue that the instrumentalization of ethnicity and the antagonistic interference of religions have fanned the flames of post-electoral legitimacy crises in Lumumba's country since the 2006 elections. Through documentary research and critical analysis of the history of Congolese elections, it emerged that electoral processes in the DRC are more akin to censuses of ethnic groups. Moreover, there is a persistent divorce between formal legality — proclaimed by institutions such as the CENI and the Constitutional Court — and popular legitimacy, rooted in sociological and empirical perceptions of election results and the truth of the ballot box. Thus, all post-election periods are characterized by crises of legitimacy and friction involving religious groups, either in opposition to or in support of the political power.

Keywords: legitimacy, post-electoral crisis, electoral ethnomathematics, religion, ethnicity, Democratic Republic of Congo

 

 

 

Introduction

 

Hugo Tanzambi, dit « Hugo Kuele Kuele, Ya Kuele, Kolo Devises », fut très connu comme un grand mécène culturel — précisément dans le domaine de la musique —, un ancien footballeur des années 1980 et 1990, et surtout une étoile de l’entrepreneuriat à Kinshasa. Cette star kinoise a été tuée par un obus le 22 mars 2007 pendant des affrontements entre les troupes de Joseph Kabila et celles de Jean‑Pierre Bemba au cœur de la ville de Kinshasa. Ces protagonistes se battaient violemment avec des armes lourdes à cause de problèmes liés à une crise de légitimité postélectorale.

En se basant sur ce récit de la mort de Hugo Tanzambi, il est paradoxal de constater la récurrence de ces crises de légitimité postélectorale, bien que la RDC soit engagée dans une quête laborieuse de stabilité institutionnelle par le biais de la démocratisation depuis les Accords de Pretoria de 2002. En effet, l’observation des cycles électoraux de 2006, 2011, 2018 et 2023 révèle une réalité persistante : si la régularité technique des scrutins semble s’installer, elle s’accompagne systématiquement de crises de légitimité aiguës qui fragilisent l’autorité de l’État et la cohésion nationale.

Le présent article se propose donc d’effectuer une autopsie sociologique de ces crises de légitimité postélectorale. En puisant dans la théorie de l’ethnomathématique électorale de Bernard Lugan, nous avançons que l’enchevêtrement entre l’ethnicité et les clivages religieux exacerbe les crises de légitimité postélectorale depuis 2006.

Sur le plan méthodologique, la recherche s’appuie sur une approche qualitative fondée uniquement sur une recherche documentaire approfondie, permettant de démontrer que les votes en RDC sont, en réalité, des recensements ethniques. Au‑delà du simple aspect numérique, l’influence des aspects ethniques et religieux façonne profondément ces crises. Celles‑ci émergent d’un quiproquo entre la légalité formelle, actée par les instances de régulation (CENI, Cour constitutionnelle), et la légitimité sociologique, marquée par la perception des processus électoraux par le corps social.

Pour mieux appréhender le sens de la présente autopsie, il convient d’abord de présenter le cadre théorique et conceptuel, avant de justifier la démarche méthodologique adoptée. Ensuite, il sera pertinent de retracer la diachronie des cycles électoraux de la RDC postcoloniale. Finalement, l’analyse se clôturera par l’examen des facteurs politico‑ethniques et religieux qui façonnent la structure actuelle des crises de légitimité en République Démocratique du Congo.

 

1.    Cadre théorique, conceptuel et méthodologique

Cette section présente d’abord les raisons ayant motivé l’adoption de la théorie de l’ethnomathématique électorale dans cette étude. Elle propose ensuite une définition du concept de légitimité et explique la manière dont la crise de légitimité post‑électorale est appréhendée dans cet article. Enfin, la méthodologie utilisée dans cette recherche est justifiée dans la dernière sous‑section.

1.1 Théorie de l’ethnomathématique électorale

Du point de vue théorique, cette recherche mobilise la théorie de l’ethnomathématique électorale de Bernard Lugan (2019) qui offre une perspective pertinente pour analyser les problèmes de légalité post‑électorale en RDC. Cette théorie postule que la société et la vie politique sont structurées autour de partis communautaires, ethniques et confessionnels. Dans un tel contexte, les élections aboutissent généralement à l’accession au pouvoir du parti majoritaire, représentant le groupe démographiquement dominant.

L’un des postulats centraux de cette théorie est que la démocratie africaine repose essentiellement sur des considérations ethniques (voire régionales et tribales) et religieuses. Les élections fonctionnent alors comme une forme de sondage ou de recensement ethnique à grande échelle. Cette situation entraîne une domination politique des groupes majoritaires sur les groupes minoritaires. Dans les cas extrêmes, certains groupes minoritaires ou candidats perdants peuvent tenter des sécessions, déclencher des guerres civiles, organiser des coups d’État ou semer un chaos généralisé.

Ainsi, l’ethnomathématique électorale apparaît comme le produit d’un « diktat » démocratique susceptible de provoquer des catastrophes post‑électorales fondées sur l’ethnicité. À cela s’ajoute le rôle déterminant de la religion, qui influence notablement les élections en Afrique en matière de participation, de gouvernance et de surveillance des processus électoraux, avant, pendant et après leur déroulement.

Au regard de ce qui précède, la pertinence de cette théorie dans le cadre de notre étude réside dans sa capacité à éclairer les influences de l’ethnicité et/ou de la religion dans le processus électoral, faisant d’elle un outil particulièrement adéquat pour comprendre les dynamiques entre facteurs et acteurs ethniques et religieux.

1.2 Concept de légitimité

Le concept de légitimité se caractérise par sa nature multidimensionnelle et son fort degré de polysémie. Il renvoie de manière générale à la conformité d’un état de fait ou d’un acte avec des principes tels que l’équité, le droit naturel, la raison, la morale, ainsi qu’avec les règles de souveraineté et d’exercice du pouvoir propres à un contexte politique donné (Amossy and Koren 2008). Portant essentiellement l’idée du juste, la légitimité s’associe à l’autorité qu’elle contribue à fonder (Becquart-Leclercq 1977).

Au cœur du concept réside la reconnaissance du droit de gouverner, qui vise simultanément à justifier l’exercice du pouvoir politique et l’obéissance qui en découle (Bobbio 2000). Dans le langage politique courant, la légitimité constitue ainsi un principe de justification du pouvoir – entendu comme capacité d’agir et de commander – et, corrélativement, du devoir d’obéissance qu’il implique (Cotta 1986).

Elle représente également le fondement du droit du souverain à exercer son autorité et du devoir du sujet d’y obéir. Elle résulte d’un processus de reconnaissance sociale qui confère à un acteur l’autorité d’agir ou de s’exprimer au nom d’un statut institutionnellement reconnu (Amossy 2022).

Dans son acception la plus large, la légitimité peut être comprise comme une forme d’autorité justifiée, offrant aux détenteurs du pouvoir un titre moral pour émettre des directives contraignantes et pour revendiquer le droit de gouverner. Elle fonctionne par ailleurs comme une protection contre l’arbitraire, l’anomie, l’absurdité ou l’imprévisibilité, contribuant ainsi à satisfaire le besoin humain de stabilité, de cohérence et de confiance (Goyard-Fabre 1990). Enfin, la légitimité constitue un facteur déterminant pour la stabilité et même la survie des startups en phase de croissance et développement (Lagrid 2023).

1.3 Méthodes 

Cette recherche s’inscrit dans la continuité d’une étude qualitative menée à Kinshasa entre 2022 et 2023. Bien que nous ayons utilisé un ensemble important de techniques de collecte des données dans le cadre de ce travail, le présent article repose essentiellement sur des données issues de sources documentaires. Sur le plan méthodologique, la recherche documentaire (profound desk-research) nous a permis de consulter plusieurs ouvrages portant sur les élections et sur les problèmes de légitimité postélectorale en Afrique, particulièrement en République démocratique du Congo.

Il est crucial de signaler que nous avons fourni des efforts considérables pour soumettre l’ensemble des documents consultés à une critique historique rigoureuse, afin de garantir la crédibilité, la fiabilité et l’intégrité de nos données. Ainsi, nous avons veillé à éviter certains biais d’ordre doxologique et axiologique, dans le souci de rester conformes aux principes d’éthique et de déontologie académiques.

 

1.  De la légitimité postélectorale 

Après plus de trois décennies de régime dictatorial de Mobutu et ses corollaires, les Congolais espéraient expérimenter un changement total dans leur pays grâce à la véritable voie de la démocratisation amorcée en 2003. L'espoir était placé sur les élections comme mode d'accès démocratique, crédible, légal et légitime pour les dirigeants politiques. Cependant, des recherches révèlent qu'après chaque élection présidentielle en RDC, des problèmes de légitimité des élus émergent depuis 2006. De nombreux ouvrages s'attachent également à expliquer ces problèmes de légitimité dans une perspective historique. Cependant, les thématiques les plus en vue dans la littérature actuelle tournent autour des facteurs et des répercussions de cette crise de légitimité.

 

Concernant l'historique de crise de légitimité postélectorale en République Démocratique du Congo, Otemikongo Mandefu Yahisule (2021) réalise une radioscopie de la démocratisation dans son pays depuis les élections de 2006. Il conclut que la crise de légitimité des institutions et de leurs animateurs après les élections conduit le peuple congolais à la kakistocratie. Dans ce contexte, le rêve de changement vers le développement reste une très longue marche à accomplir. Dans une étude similaire, Gabriel et al. (2022) retracent l'histoire électorale de la République Démocratique du Congo pour soutenir que ce pays est confronté, depuis son indépendance, à la contestation de la légitimité des institutions, due notamment à l'absence d'élections réellement libres, crédibles et pluralistes. Leur plus grand regret concerne la continuité et la récurrence de ce phénomène alors que l'actuelle constitution congolaise le prohibe sévèrement.

La communauté académique identifie et analyse une pléthore de facteurs et d'acteurs contribuant à cette crise au Congo. Les irrégularités et les fraudes électorales sont souvent placées en première position parmi les causes fondamentales de l'illégitimité (Michel et al. 2022; Berwouts and Reyntjens 2019). Selon plusieurs auteurs, la participation des mineurs et des étrangers aux votes (Michel et al. 2022), fraudes électorales, les bourrages d'urnes (Mukwabatu 2022) et les proclamations de faux résultats figurent parmi les facteurs contribuant a ces crises répétitives.

Un autre aspect souvent dénoncé est la partialité de la CENI (Pourtier 2024; Mbuyi 2025; Mpila et al. 2025), marquée par sa subordination aux dirigeants politiques au pouvoir, au point que cette institution perd son indépendance et devient très manipulable par les tenants du pouvoir (Biyoya and Mukendi 2014; Mpila et al. 2025). Une autre institution qui rencontre des problèmes similaires à ceux de la CENI est la Cour constitutionnelle, qui semble être sous le contrôle total des partis politiques au pouvoir (Jacquemot 2022).

Tous ces facteurs d'illégitimité post-électorale entraînent plusieurs répercussions dans la société congolaise. L'une des plus grandes répercussions est l'inefficacité du pouvoir (Michel et al. 2022; Englebert and Tull 2008), causée par des déchirures sociales, les renforcement de l’ethnicité (Malonga 2016; Aundu 2005), l’affaiblissement des de la cohésion nationale (Biyoya and Mukendi 2014), et une pénurie de confiance envers les autorités politiques du pays (Berwouts and Reyntjens 2019). Étant donné que l'illégitimité pousse certains Congolais à la protestation, le pouvoir réagit souvent très violemment par des répressions et des arrestations massives et arbitraires de tous les suspects ou participants aux démonstrations ou manifestations (Gaynor 2013; Ntwali 2021).

 

Par ailleurs, ces études ont éveillé notre attention sur le phénomène de l’illégitimité des institutions et de leurs animateurs, qui ruine l’espace politique congolais et la RDC dans tous ses aspects depuis 1960 jusqu'à présent. Il serait donc surprenant de ne jamais apprécier leur portée dans la recherche. Néanmoins, il importe de remarquer qu'elles ont négligé les pesanteurs ethniques et religieuses qui contribuent fortement à la mobilisation pour la lutte contre l’illégitimité postélectorale au Congo. C’est cet aspect que cette étude s'efforce d'analyser, apportant une nouveauté dans les recherches sur la crise légitimité post-électorale des institutions et de leurs acteurs en République Démocratique du Congo.

1.  Aperçu historique des élections présidentielles congolaises

L’histoire politique de la DRC nous renseigne que les toutes premières élections présidentielles de ce pays se déroulèrent le 24 juin 1960, six jours avant l’Independence de la RDC, à Kinshasa. Malgré la présence d’une multitude d’acteurs politiques, tels que Patrice Lumumba, Albert Kalonji, Cleophas Kamitato, Moise Tchombe, les deux grands adversaires aux élections présidentielles furent Jean Bolikango et Joseph Kasa-Vubu (Aundu 2015; Dibwe and Anastase 2021). Alors que le premier était le leader du parti PUNA et Ancient porte-parole des Congolais à la table ronde de Bruxelles du janvier et février 1960, le dernier était le président du parti perlitique ABAKO, Ancient bourgmestre de la commune de Dendal (aujourd’hui Kasa-vubu) à Kinshasa et un activiste contre la colonisation. Ce dernier avait remporté le vote face à son challenger précité qui était organisée par les élections à suffrage universel indirect (Ndaywel 1998; Mutamba 1998; Nzongola-Ntalaja 2007).

En effet, ces élections étaient organisées pour permettre aux congolais d’avoir des autorités politiques qui devraient gérer leur pays après son accession à la souveraine internationale le 30 juin 1960. Ses élections étant acceptées par tous; par conséquent, une aucune crise de légitime post-électorale avait été signalée en 1960.

Malgré cela, ces élections n’étaient pas une panacée pour des Congolais parce que la jeune république du Congo avait connu une balkanisation en raison de trois sécessions entre 1960 et 1963 et de deux rébellions en 1964 (Hoskyns 1965). La convergence du système international bipolaire, opposant communisme et capitalisme, le néo-colonialisme belge, les conflits internes parmi les élites politiques locales, les processus d'indépendance quasi-improvisés, les ressources naturelles riches et les intérêts stratégiques des puissances étrangères au Congo ont alimenté cette crise politique congolaise (Inaka et al. 2023).

Mobutu Sese Seko a profité de ce désordre pour saisir le pouvoir et gouverner le Zaïre pendant 32 ans, jusqu'en 1997. Il gouverna par la tyrannie, la kleptocratie et la corruption, contribuant davantage à la dégénération, désarticulation et déstructuration de l'État. La guerre entre 1996 et 1997, dans laquelle les forces rebelles de Laurent Désiré Kabila étaient soutenues par le Rwanda et l'Ouganda, évinçant Mobutu du pouvoir (Inaka 2022, 2023).

Cependant, le règne de Kabila ne fit rien pour améliorer la situation sociopolitique et économique de la RDC jusqu'à son assassinat le 16 janvier 2001. Sa gouvernance autocratique, fondée sur les tâtonnements, n’arriva pas à reconstruire un État démocratique bien structuré en République Démocratique du Congo (Reyntjens 2009). D’ailleurs, il n’avait aucune notion de la démocratie, surtout pas celle des élections, à tel point qu’il cooptait les membres du parlement, arrêtait les opposants et prohibait le fonctionnement des partis politiques (Ngolet 2010).

Il fut remplacé par son fils Joseph Kabila au milieu d’une autre guerre (1998–2002). Cette guerre a entraîné la mort de plus de trois millions de Congolais, et a été décrit par Turner (2013) comme l'un des « conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale ». La guerre a également été qualifiée de « Guerre mondiale de l'Afrique » car plusieurs pays africains sont intervenus pour ou contre les forces de L.D. Kabila (Prunier 2008).

Cette guerre représentait une menace pour la sécurité internationale. La communauté internationale  obligea ainsi les protagonistes congolais à dialoguer à Sun City, en Afrique du Sud, du 25 février au 19 avril 2002,  et à signer une série des accords pour la paix et la transition démocratique à Pretoria en décembre 2002 (Inaka 2022).

Ces accords, appelés Accord Global et Inclusif sur la transition en République démocratique du Congo - ou Accords de Pretoria -, furent perçus comme un nouvel espoir de démocratisation au Congo, sur lequel une nouvelle constitution congolaise était fondée. Selon ces Accords, la transition devait être fondée sur le partage des pouvoirs militaire, politique, législatif, judiciaire et socio-économique entre les anciens ennemis, y compris la société civile et l'opposition non armée (Inaka 2023).

Ce régime de partage du pouvoir, communément appelé le « 1 + 4 », comptait Joseph Kabila comme chef d'État, assisté de quatre vice-présidents, chacun responsable de l'une des quatre principales commissions gouvernementales : Azarias Ruberwa (RCD-Goma) présidait la Commission de la Défense et de la Politique ; Jean-Pierre Bemba (MLC) était responsable de la Commission économique et financière ; Abdoulaye Yerodia (Gouvernement de Kinshasa) présidait la Commission de reconstruction et de développement ; et Arthur Z'ahidi Ngoma (représentant l'opposition non armée) dirigeait la Commission sociale et culturelle (Inaka 2023; Turner 2013).

Par ailleurs, Étienne Tshisekedi, l’opposant historique de Mobutu et de L.D. Kabila, fut le grand absent de ce processus de transition et des élections ultérieures. Malgré le poids ethnomathématique, politique et historique de son parti, l’UDPS, sa décision de rester en retrait offrit une opportunité à Jean‑Pierre Bemba.

En 2006, les Congolais organisèrent leurs toutes premières élections présidentielles à suffrage universel direct, à deux tours, à la fin d’une période de transition démocratique de 2003 à 2006. Ces élections étaient gérées par l’abbé Malumalu, président de la CEI. Bien que 33 candidats se soient présentés à l’élection présidentielle du 30 juillet 2006, Joseph Kabila, président du PPRD, et Jean‑Pierre Bemba, président du MLC, furent proclamés respectivement premier et deuxième (Wembia 2024).

 Avant le deuxième tour, une escarmouche éclata entre leurs troupes en plein centre‑ville de Kinshasa, juste après la proclamation des résultats. Cette situation aggrava un clivage ethnique et régional entre, d’une part, les ressortissants de l’Est, majoritairement Swahilophones, et, d’autre part, leurs compatriotes de l’Ouest, notamment les Lingalaphones, Kikongophones et Lubaphones (Kabamba et al. 2007).

Joseph Kabila fut déclaré vainqueur par la CEI au second tour des élections présidentielles du 29 octobre 2006. Jean‑Pierre Bemba contesta ces résultats et saisit la Cour suprême de justice. Celle‑ci confirma l’élection de Joseph Kabila (Otemikongo Mandefu Yahisule 2021).

Après quelques années de présidence sans amélioration des conditions de vie de la population congolaise ni renforcement des institutions, Joseph Kabila déclara sa candidature aux élections prévues en 2011, concomitamment avec Étienne Tshisekedi (Inaka 2016). Ce dernier était plus qu’un adversaire redoutable en raison de son poids politique et de sa réputation d’intégrité. Il représentait ainsi une puissante menace pour Kabila et ses partisans.

 

Un stratagème fut alors mis en place pour affaiblir Tshisekedi ainsi que d’autres adversaires : la loi électorale fut modifiée afin de réduire l’élection présidentielle à un seul tour. Selon cette modification, le candidat obtenant le plus grand nombre de voix — même en deçà de 50 % — serait déclaré vainqueur. Cette réforme permit à Kabila d’être proclamé élu par la CENI lors du scrutin du 28 novembre 2011. Étienne Tshisekedi contesta ces résultats. Il s’autoproclama président élu et prêta même serment comme Président de la République. (Ekoto Loleke 2023; Mbombo 2017; Inaka and Trapido 2015; Trapido 2015).

 

En 2018, Joseph Kabila désigna Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin. Celui‑ci affronta plusieurs candidats de l’opposition : Félix Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean‑Pierre Bemba, Freddy Matungulu, Adolphe Muzito, etc (Englebert and Kalumba 2020).

Pour éviter la dispersion des voix, ces opposants se réunirent à Genève au sein de la plateforme Lamuka et choisirent Martin Fayulu comme candidat commun. Bien que Félix Tshisekedi eût initialement accepté ce choix, il décida de quitter Lamuka afin de respecter la volonté de sa base, principalement l’UDPS, dont la majorité des membres appartiennent à son groupe ethnique, les Baluba. Il fut ensuite rejoint et soutenu par Vital Kamerhe au sein d’une nouvelle plateforme, le CACH, qui lui permit de remporter l’élection (Englebert and Kalumba 2020; Wolters 2022). Malgré la contestation de Fayulu et celle de l’Église catholique, Félix Tshisekedi dirigea le pays jusqu’à la fin de son premier mandat en 2023 (Mpila et al. 2025).

 

La même année, les résultats de l’élection présidentielle montrèrent que Félix Tshisekedi avait été réélu face à son principal challenger, Moïse Katumbi. Certes, Katumbi contesta non seulement les résultats, mais également l’ensemble du processus électoral. Malgré cela, Félix Tshisekedi demeure au pouvoir jusqu’à présent (Ubegiu 2024).

Au regard de cette revue de l’histoire des élections présidentielles en RDC, il apparaît que, hormis celle de 1960, toutes les élections de 2006 à 2023 ont été contestées. C’est pourquoi des crises de légitimité postélectorale surviennent systématiquement, comme l’analyse la section suivante. 

1.  La diachronie des contestations des « pouvoirs illégitimes» post-électorales en RDC

En République Démocratique du Congo, la crise de légitimité ne semble pas être un accident de parcours, mais une composante structurelle des processus électoraux. De 2006 à 2023, chaque scrutin a porté en lui les germes d'une contestation qui se répercute sur l'autorité de l’État et la cohésion nationale. Cette architecture électorale a subi des mutations profondes qui ont eu un impact direct sur la légitimité des élus.

Pour parler de ces mutations, tout commence après le second tour des élections présidentielles d’août 2006, avec la contestation des résultats par Jean-Pierre Bemba contre la CEI, qui proclama son adversaire, le président Joseph Kabila. Une plainte fut déposée par le camp Bemba à la Cour suprême de justice de l'époque pour contester cette victoire. Malgré cela, la Cour confirma les résultats de la CEI après un procès la même année (Trapido 2015; Wembia 2024).

Bemba accepta publiquement la décision de la Cour, promettant au peuple congolais de mener une opposition républicaine (Wembia 2024). Toutefois, ses hommes et lui ne reconnurent jamais la légitimité ni l’autorité de Joseph Kabila. Cela se confirma en mars 2007, lorsque les milices de Bemba affrontèrent les forces de Kabila au centre‑ville de Kinshasa. Face à la supériorité militaire du camp présidentiel, Bemba capitula et s’exila en Europe, où il fut incarcéré à la CPI de 2007 à 2017 pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité imputés à ses troupes en République centrafricaine (Wembia 2024).

 

Cependant, son camp, ses militants et plusieurs Congolais continuèrent à contester la crédibilité, la transparence et l’intégrité de ces élections. Cela revient à dire que le président élu, Joseph Kabila, était considéré comme un imposteur par une bonne partie de la population, notamment les Congolais originaires des provinces de l’Ouest (surtout les Bangala et les Bakongo)(Bayart 2018; Inaka 2016). Par exemple, le cardinal Frédéric Etsou, ressortissant de la province de l’Équateur comme Bemba, avait contesté à la fois la légalité et la légitimité du pouvoir de Joseph Kabila (Bayart 2018). Ce fut ainsi la première crise de légitimité, marquée par l’ethnicité et les frictions religieuses, depuis le début de la démocratisation en République Démocratique du Congo. Cette crise atteignit son apogée lorsque les troupes de Joseph Kabila et les milices de Jean-Pierre Bemba s’affrontèrent en plein centre-ville de Kinshasa en 2007 (Kisangani 2016).

 

La deuxième crise de légitimité électorale se déroula avant, pendant et après les élections de 2011. En effet, les députés pro-Joseph Kabila orchestrèrent en décembre 2010 un stratagème pour modifier le système électoral, passant de deux tours à un seul (Ekoto Loleke 2023; Mbombo 2017). Malgré les refus et les réactions des partis d’opposition, particulièrement le MLC de Jean-Pierre Bemba sous le leadership du député François Mwamba, le camp de Kabila, avec la sagacité du président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, réussit à atteindre son objectif : maintenir Kabila au pouvoir (Kisangani 2016). Certes, ils justifièrent leur action en affirmant qu’il était impératif de réduire les coûts d’organisation en supprimant le second tour. Cependant, les leaders de l’opposition, surtout ceux du MLC, du MLP et de l’UDPS, dénoncèrent dès le départ ce changement comme une planification de fraude électorale en faveur de Joseph Kabila (Heradi 2024).

 

Comme il fallait s’y attendre, cette réforme entacha fortement la crédibilité du processus électoral avant même les élections de novembre 2011. En supprimant le second tour, le nouveau système permit en effet l'élection d'un président avec une majorité relative (souvent moins de 50 % des votants) (Heradi 2024; Kennes 2023).

 

En outre, la désignation de Ngoy Mulunda, un pasteur méthodiste, comme président de la CENI provoqua une vive polémique. L’Église catholique, certaines organisations des droits humains et l’opposition dénoncèrent le fait que Ngoy Mulunda appartenait non seulement au même groupe ethnique que Joseph Kabila, mais qu’il était aussi cofondateur et membre de son parti politique, le PPRD. En réaction, les églises de réveil et certains Congolais swahiliphones soutinrent fermement Ngoy Mulunda.

 

À la suite des élections de 2011, le principal challenger de Kabila, Étienne Tshisekedi, contesta les résultats qui le plaçaient en deuxième position. Ses partisans, surtout des Kasaïens comme lui, qualifièrent Kabila d’imposteur d’origine rwandaise et combattirent son régime au Congo comme à l’étranger, notamment avec le phénomène « combattant » (Inaka 2016). Cette situation déclencha une crise de légitimité durable. Elle atteignit son paroxysme avec les déclarations de l’Église catholique, qui désavouait également les résultats proclamés. Le cardinal Laurent Monsengwo, par exemple, formula des critiques virulentes contre le régime de Kabila de 2011 jusqu’en 2018.

 

Un scénario similaire se produisit lors des élections de décembre 2018. Martin Fayulu contesta les résultats proclamant Félix Tshisekedi vainqueur. Il évoqua la « vérité des urnes » et accusa Kabila et Tshisekedi de s’être entrés en connivence pour lui voler sa victoire. Une fois encore, l’Église catholique, par la voix du cardinal Fridolin Ambongo, rejeta publiquement ces résultats. Parallèlement, tandis que des ressortissants de l’ex-province de Bandundu soutenaient leur « fils du terroir », Martin Fayulu, les Kasaïens, notamment les Baluba, se battaient becs et ongles pour leur frère Félix Tshisekedi. Une nouvelle crise de légitimité domina alors tout le premier quinquennat de Félix Tshisekedi.

 

La même histoire de contestation se répéta lors des élections de décembre 2023. Moïse Katumbi, principal opposant de Félix Tshisekedi, rejeta les résultats. Avant même les élections, la nomination très controversée de Denis Kadima à la tête de la CENI avait déjà soulevé une vive opposition. L’Église catholique, l’Église protestante ainsi que plusieurs opposants politiques accusèrent Kadima d’avoir été désigné de manière frauduleuse et d’être un proche parent de Félix Tshisekedi.

De plus, une illégitimité fut constatée à cause du chaos logistique durant les votes, qui durèrent plusieurs jours en violation de la loi électorale. À ce discrédit technique s’ajoutèrent les accusations d’utilisation illégale des machines à voter par certains candidats. La situation s’aggrava lorsque la CENI invalida les résultats de certains candidats accusés de fraude. Malgré ces contestations, Félix Tshisekedi fut déclaré vainqueur et demeure jusqu’à présent chef de l’État.

 

Avec un regard rétrospectif sur les illégitimités de 2011 à 2023, il convient de noter que chaque cycle électoral a été marqué par des accusations de détournement du suffrage populaire. L'absence de reconnaissance du pouvoir par une partie de la population produit des effets dévastateurs : notamment l’instabilité sécuritaire, puisque certains groupes armés justifient leur existence par le manque de légitimité de l’État central. De même, certains citoyens se sentent moins enclins à accompagner les autorités politiques, considérées illégales et illégitimes. En outre, un pouvoir perçu comme illégitime tend à compenser son manque de soutien populaire par un recours accru à la force et à la restriction des libertés. Ainsi, l’illégitimité en RDC provient d’un divorce entre la légalité formelle — proclamée par la CENI et la Cour constitutionnelle — et la légitimité populaire issue des urnes.

 

À la lumière de ce qui précède, il convient de retenir que des facteurs politico-ethniques et religieux façonnent largement les contestations d’illégitimité depuis 2006. Du point de vue politico-ethnique, la notion d’« ethnomathématique électorale » en Afrique, développée par Bernard Lugan, permet de comprendre pourquoi et comment les appartenances ethniques et régionales jouent un rôle significatif dans les dénonciations postélectorales. Les élections apparaissent, en effet, comme de véritables recensements ethniques : les groupes majoritaires dans certaines régions gagnent généralement les élections, tandis que les candidats provenant de groupes minoritaires sont fréquemment déclarés perdants ; ils dénoncent alors l’illégitimité du pouvoir en place.

 

Cette lutte contre l’illégitimité, marquée par l’ethnicité, repose sur une dynamique d’alliances tribales, ethniques et régionales dans l’histoire politique du Congo. Déjà en 1960, les groupes majoritaires du Grand Kasaï, notamment les Baluba et les Lulua, étaient des ennemis jurés, bien qu’ils partagent des traits culturels communs . Depuis les années 1970, ces deux groupes ne sont devenus qu’un seul peuple, les Baluba, au point de combattre ensemble Mobutu, puis Kabila père, ensuite Kabila fils. Alors que les Baluba formèrent des alliances avec d’autres groupes pour combattre le régime de Mobutu et ses proches parents Bangala dans les années 1980, ils devinrent ensuite les alliés de ces mêmes groupes après la chute de Mobutu, pour combattre Laurent Désiré Kabila puis Joseph Kabila, soutenus par leurs frères Baswahili. Avec l’avènement de Félix Tshisekedi en 2018, plusieurs ressortissants du Grand Bandundu soutinrent leur frère Martin Fayulu contre Tshisekedi, tandis que ce dernier bénéficiait du soutien de ses proches parents Baluba ainsi que de nouvelles alliances avec les Bangala.

Concernant les corrélations entre contestation d’illégitimité et participation religieuse, il se dégage une tendance selon laquelle l’Église catholique, surtout ses grands leaders, montre une proximité avec l’opposition, tandis que les Églises pentecôtistes, de réveil et l’Église kimbanguiste affichent souvent un soutien au pouvoir. Par exemple, premier cardinal congolais, Joseph Albert Malula, s’opposa par exemple à la politique de l’authenticité de Mobutu. Bien que son successeur, le cardinal Frédéric Etsou, ait semblé plus conciliant envers Mobutu, l’Église catholique — et particulièrement la CENCO — durcit sa position jusqu’à la chute de son régime en mai 1997. Le régime autoritaire de Laurent Désiré Kabila subit la même opposition. Par la suite, le conflit entre l’Église catholique, alliée à certains opposants, et le régime de Joseph Kabila devint plus visible. Le cardinal Etsou rejeta les résultats de 2006, tandis que le cardinal Monsengwo douta de ceux de 2011 et traita ce régime de « médiocre » en 2016. Aujourd’hui encore, les discours du cardinal Fridolin Ambongo et les actions de la CENCO s’opposent fermement au régime de Félix Tshisekedi, au point que certains leaders du pouvoir, tels que Jean-Pierre Bemba, qualifient la CENCO et le cardinal Ambongo de « politiciens en soutane ».

 

En somme, les problèmes d’illégitimité électorale en RDC sont façonnés par des facteurs historiques, politiques, socioculturels et démographiques, particulièrement la compétition pour le pouvoir, marquée par l’ethnicité et les pesanteurs religieuses. Alors que les dynamiques ethniques évoluent selon les époques et les leaders, les tendances religieuses dans leurs relations au pouvoir ou à l’opposition semblent, elles, relativement constantes.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Conclusion


L’autopsie sociologique menée dans cette étude révèle que la crise de légitimité en République Démocratique du Congo n’est pas un épiphénomène technique, mais une composante structurelle du paysage politique. Si l’élection de 1960 demeure, dans l’imaginaire collectif, un moment de consensus éphémère, les cycles de 2006, 2011, 2018 et 2023 ont systématiquement ravivé les fractures d’une nation en quête de cohésion.

Il ressort de nos analyses que l’urne, loin d’être un simple outil de désignation démocratique, agit comme un puissant enzyme catalyseur des solidarités primordiales. La « vérité des urnes » se heurte à la « réalité des terrains » ou terroirs, où l’appartenance ethnique et l’affiliation religieuse dictent la reconnaissance ou le rejet de l’autorité. Cet accrochage, télescopage ou collision entre le droit positif et les pesanteurs socioculturelles vide le processus électoral de sa substance pacificatrice, transformant chaque scrutin en un facteur de risque sécuritaire et social.

 

Ainsi, humaniser le débat sur la légitimité en RDC exige de reconnaître que, derrière les chiffres et les arrêts de cour, se jouent la survie des institutions et la dignité des citoyens. Tant que le pouvoir sera perçu comme le trophée d’un bloc identitaire sur un autre, l’illégitimité restera le moteur de la contestation. La stabilité future de la RDC repose donc moins sur la sophistication technique de ses machines à voter — pour les uns — et « à voler » — pour les autres — que sur la refondation d’une culture politique capable de transformer le recensement ethnique en un véritable choix de destin commun.

 

Pour tout dire, bien qu’ayant abordé des facteurs très déterminants de la crise de légitimité postélectorale, cette étude présente assurément des limites qui devront être corrigées par de futures recherches. Néanmoins, ses apports constituent une importante innovation sociale.

 

 

 

 

 

Références

 

Amossy, R. 2022. Construire la légitimité et l’autorité politiques en discours. Argumentation et analyse du discours 28 (1).

Amossy, R., and R. Koren. 2008. Argumentation et Analyse du discours: perspectives théoriques et découpages disciplinaires. Argumentation et analyse du discours 1 (1).

Aundu, M. G. 2005. La nouvelle édification de l’État à l’épreuve de l’ethnicité: esquisse de solutions pour la République Démocratique du Congo. Fédéralisme Régionalisme 5 (1).

Aundu, M. G. 2015. Politique et élites en RD Congo: de l'indépendance à la Troisième République. Paris: Académia-EME éditions.

Bayart, J.-F. 2018. Violence et religion en Afrique. Paris: KARTHALA Editions.

Becquart-Leclercq, J. 1977. Légitimité et pouvoir local. Revue française de science politique 27 (2):228-258.

Berwouts, K., and F. Reyntjens. 2019. The Democratic Republic of Congo: The Great Electoral Robbery (and how and why Kabila got away with it). Bruxelles: Egmont Institute.

Biyoya, P. M., and R. T. Mukendi. 2014. Alliances et coalitions de partis politiques en Republique Democratique du Congo-causes et conséquences. Journal of African Elections 13 (1):207-232.

Bobbio, N. 2000. Sur le principe de légitimité. Droits 32 (1):147-168.

Cotta, S. 1986. La légitimité: un mirage? Diogène 134 (2):101-127.

Dibwe, M., and K. Anastase. 2021. Élection et ethnicité en République démocratique du Congo: Regard sur les élections de 2006 dans la ville de Lubumbashi.

Ekoto Loleke, C. 2023. Constitutionnalisme et la révision constitutionnelle sous la Constitution du 18 février 2006 en République Démocratique du Congo.

Englebert, P., and G. K. Kalumba. 2020. La politique au Congo au-delà des élections de 2018. In Conjonctures de l’Afrique centrale No.95, edited by S. Alidou, A. N. Bisoka and S. Geenen. Paris: L'Harmattan, 21-42.

Englebert, P., and D. M. Tull. 2008. Postconflict reconstruction in Africa: Flawed ideas about failed states. International security 32 (4):106-139.

Gabriel, B. B., B. A. Michel, L. L. Anicet, and K. Y. B. M. Fabrice. 2022. Technologies numériques et légitimité des institutions issues des élections du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo. Global Research Review in Business and economics 8 (73-84).

Gaynor, N. 2013. Gouvernance locale, Conflits et Consolidation de la paix en République Démocratique du Congo.

Goyard-Fabre, S. 1990. La légitimité. Revue de Théologie et de Philosophie 122 (2):235-252.

Heradi, Y. L. 2024. Financement et indépendance de la Commission Electorale Nationale Indépendante aux élections de 2006 et 2011 en République Démocratique du Congo. Revue Congolaise des Sciences et Technologies 3 (1):78-85.

Hoskyns, C. 1965. The Congo Since Independence: January 1960-December 1961. London: Oxford University Press

Inaka, S. J. 2016. Combattants and anticombattants (Collabos): Congolese transnational politics in Pretoria. The Strategic Review for Southern Africa 38 (1):5-25.

———. 2022. Labour relations in the Democratic Republic of the Congo: An epic history of an anti-unionism terrain. South African Review of Sociology 52 (3):64-83.

———. 2023. The Post-War Power Sharing and the Legal Politicisation of the Congolese Public Administration. South African Review of Sociology 53 (2):150-169.

Inaka, S. J., C. C. Nshimbi, and L. M. Tshimpaka. 2023. The Reconstruction of Post-War Labour Markets in The Southern African Development Community: Insights from The Democratic Republic of The Congo. Cham Plagrave Micmillan

Inaka, S. J., and J. Trapido. 2015. Congo-Gauteng; Congolese migration to South Africa. In The Human Economy; perspectives from the South, edited by K. Hart and J. Sharp. New York and Oxford: Berghahn

Jacquemot, P. 2022. Afrique, la démocratie à l'épreuve. Paris: Fondation jean-Jaurès-Edition de l'Aube.

Kabamba, B., G. Matagne, and P. Verjans. 2007. Premiers scrutins de la Troisième République démocratique du Congo: Analyse des résultats. Fédéralisme-Régionalisme 7 (1).

Kennes, E. 2023. Decisive Elections in the DRC. Bruxelles: Egmont Institute.

Kisangani, E. F. 2016. Historical dictionary of the Democratic Republic of the Congo. New York: Bloomsbury Publishing USA.

Lagrid, A. 2023. Analyse de la légitimité des start-ups. Paper read at Actes de CORIA-TALN 2023. Actes des 16e Rencontres Jeunes Chercheurs en RI (RJCRI) et 25e Rencontre des Étudiants Chercheurs en Informatique pour le Traitement Automatique des Langues (RÉCITAL).

Lugan, B. 2019. Osons dire la vérité à l'Afrique. Paris: Editions du Rocher.

Malonga, T. M. 2016. Crise de légitimité en RD Congo: entre aspirations républicaines et attaches monarchiques. Parcours et Initiatives: Revue interdisciplinaire du Graben (PIRIG) 16 (1):256-278.

Mbombo, J.-M. K. 2017. La République Démocratique du Congo au seuil du constitutionnalisme: défis et perspectives au-delà de 2016. African Journal of Democracy and Governance 4 (1):65-84.

Mbuyi, J. M. K. 2025. Déficit de la protection de droits des électeurs par l’Etat en République démocratique du Congo. Revue Internationale de la Recherche Scientifique (Revue-IRS) 13 (6):7093-7100.

Michel, B., F. Nfuamba Lukeba, A. Ntoto, N. Tall, L. Zaralli, C. Orbell, A. Lourme-Ruiz, J. Binam, and P. Herlant. 2022. Profil des systèmes alimentaires–République Démocratique du Congo. Activer la transformation durable et inclusive de nos systèmes alimentaires. Rome, Montpellier, Bruxelles: FAO.

Mpila, F. N., D. B. Muzuba, G. E. Otshudi, J. L. Shungu, T. B. Ekolonga, M. Y. Yongi, J. M. Lubu, B. W. Folo, and D. N. Mukoko. 2025. Les Conflits-postélectoraux en République Démocratique du Congo» de 2006 à 2023. Revue Congolaise des Sciences et Technologies 4 (3):334-341.

Mukwabatu, D. M. 2022. La redevabilité des élus–Entre la loyauté à l’autorité morale et les desiderata de la base. KAS African Law Study Library 9 (4):301-327.

Mutamba, M. J.-M. 1998. Du Congo belge au Congo indépendant, 1940–1960: émergence des “évolués” et genèse du nationalisme. Kinshasa: IFES.

Ndaywel, è. N. I. 1998. Histoire générale du Congo: de l'héritage ancien à la République Démocratique. Paris et Bruxelles: De Boeck et Larcier.

Ngolet, F. 2010. Crisis in the Congo: the rise and fall of Laurent Kabila: Springer.

Ntwali, V. 2021. Gouvernance philanthropique et conservation du pouvoir en Afrique: une clé pour comprendre le néo-paternalisme politique en RDC. L’État africain et la crise postcoloniale. Repenser 60 ans d’alternance institutionnelle et idéologique sans alternative socioéconomique:185-207.

Nzongola-Ntalaja, G. 2007. The Congo: From Leopold II to Kabila. A People's History London: Zed Book.

Otemikongo Mandefu Yahisule, J. 2021. Élections et changement politique en République démocratique du Congo: six décennies perdues pour le développement. Paris L'Harmattan

Pourtier, R. 2024. Les élections de 2011 en RDC, entre cafouillage et tripatouillage. EchoGéo.

Prunier, G. 2008. Africa's world war: Congo, the Rwandan genocide, and the making of a continental catastrophe: Oxford University Press.

Reyntjens, F. 2009. The great African war: Congo and regional geopolitics, 1996-2006. New York Cambridge University Press.

Trapido, J. 2015. Africa's leaky giant. New Left Review 92:5-40.

Turner, T. 2013. Congo. New York: John Wiley & Sons.

Ubegiu, J.-C. U. 2024. Communication et gestion de crise électorale en RD Congo Analyse des stratégies de communication de la CENI durant le cycle électoral de 2023. Revue Internationale du Chercheur 5 (2).

Wembia, A. M. 2024. Contestations des résultats des élections présidentielles en RDC 2006-2018: Analyse politologique et perspectives. Le carrefour congolais 9 (1):73-92.

Wolters, S. 2022. Anatomy of a break-up in the Democratic Republic of Congo: The collapse of the FCC-CACH majority and why it matters. South African Journal of International Affairs 29 (1):91-106.

 
 
 

Commentaires


bottom of page