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UNE NOUVELLE POLITIQUE NATIONALE DE L’IST POUR L’EMERGENCE DE LA RD CONGO


Paul TETE Wersey

Professeur au Département des Sciences et  Techniques Documentaires de la Faculté des Lettres & Sciences Humaines de l’Université de Kinshasa et Directeur de la Bibliothèque Urbaine de Kinshasa.


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Résumé 

Héritière de la politique de l’Information Scientifique et Technique de la Colonie du Congo Belge, la République démocratique du Congo n’a pas su capitaliser les acquis lui légués dans ce domaine. Soixante-deux ans après son accession à l’indépendance, elle s’est contentée d’œuvrer sur base de celle qui a été mise sur pied par l’Unesco. Depuis, elle ne s’est jamais préoccupée de se doter d’une politique en la matière. Aujourd’hui, elle accuse un retard incommensurable à ce sujet. A ce jour, elle ne dispose toujours pas encore d’une politique nationale de l’Information Scientifique et Technique, à même d’accompagner son développement. Le présent article voudrait contribuer à combler cette lacune, en proposant quelques pistes de solution pouvant l’aider à sortir de cette situation de carence.

Mots-clés : Information Scientifique et Technique-Nouvelle politique                         nationale-Congo (République Démocratique du)-Emergence.

 

Abstract

A New National Policy on Scientific and Technical Information (IST) for Emergence of DR Congo.As  the successor  of the policy on Scientific and Technical Information inherited from the Belgian Congo Colony, the Democratic Republic of Congo has failed.  To capitalize on the achievements handed downin the field. Nearly 65 years after gaining independence, it has been content to work based on framework established by UNESCO.Since then, it has never endeavored to equip itself with a policy tailored to its needs in this domain. Today, the country lags significantly behind in this regard.

 

To date, it still does not have a national policy on Scientific and Technical Information capable of accompanying its development.This article aims to address this gap by proposing some possible Solutions to help alleviate this deficiency.

Keywords : Scientific and Technical Information-New  National Policiy-Congo(Democratic Republic of)-Emergence



INTRODUCTION

 

Notre époque est incontestablement celle de la science et de la technologie. Aussi l’information scientifique et technique qui en constitue la matière première joue-t-elle de nos jours un rôle très capital dans la réalisation des objectifs tant sociaux, culturels, politiques qu’économiques des nations du monde.

L’IST constitue une richesse nationale et partant, l’un des piliers, la clé du développement d’un pays, dans la mesure où elle a une incidence indéniable sur le vécu quotidien de ses habitants : dans leur travail, leurs loisirs, les transports, les communications et leur bien-être, en général.

 

Bien qu’ayant hérité d’une politique de l’Information scientifique et Technique bien structurée de la Colonie du Congo belge qui lui a légué un dispositif scientifique et documentaire remarquable, constitués des centres de recherche et leurs centres de documentation, des universités avec leurs bibliothèques et de quelques bibliothèques de lecture publique de certaines entités territoriales décentralisées, la République démocratique du Congo, n’en a pas du tout tiré profit.

 

Plusieurs années après son accession à l’indépendance, elle n’a toujours pas encore pris conscience de l’importance stratégique de l’IST. C’est pourquoi son retard dans ce domaine est-il énorme. Il ne s’est toujours pas encore doté d’un potentiel scientifique et technologique. Et c’est la raison pour laquelle elle n’a cessé -depuis lors de végéter et ne réussit-elle pas à décoller économiquement, en dépit de nombreuses et multiples ressources naturelles et humaines dont elle regorge. On peut d’orès et déjà comprendre pourquoi son émergence à laquelle ses filles et ses fils ont aspiré depuis des décennies n’est-elle toujours pas intervenue.

 

Cette émergence pensons-nous à présent passe inéluctablement par la mise en place d’une nouvelle politique de l’Information Scientifique et Technique. C’est l’objectif principal que poursuit le présent article qui escompte suggérer quelques éléments de base de cette nouvelle politique de l’IST pour notre pays.

 

 

 I.     L’IST, un allié du développement  

 

L’IST n’est rien d’autre que l’information spécialisée qui est caractérisée par son contenu scientifique et professionnel ou encore stratégique. C’est l’information nécessaire aux acteurs professionnels et scientifiques pour conduire leurs activités. Elle est produite par des spécialistes pour des spécialistes, car comme le mentionne à juste raison M. Dahamane (Information scientifique et technique. 1991, no 90, p.104-105), elle se réfère à l’information dont le système de communication est spécifique à l’égard du public récepteur.

 

Elle est qualifiée également d’information utile, par ce comme l’a si bien vu K.D.G. Wimalaratne (1984) elle se réfère à l’information nécessaire à l’activité du secteur socio-économique stratégique. Elle est à la fois la somme des connaissances acquises, le témoignage de la quête incessante de la vérité par l’homme, une ressource fondamentale pour les chercheurs, un moyen de formation efficace des hommes de sciences de demain et la principale source où puiser les concepts et données applicables aux programmes de développement aussi bien économiques que technologiques.

 

L'IST désigne également 1'information traitée par un nouveau corps de professionnels de la documentation, faisant appel, pour ce faire, à des moyens informatiques. Dans cette perspective, il est établi une corrélation entre le concept d’l’IST et celui de la documentation. Dès lors par IST, on entend non seulement un produit informationnel, mais également toute la technologie d'accès à 1'information, la technologie ou 1'informatique est prépondérante.

 

A ces divers titres, l’IST constitue une ressource nationale, l’un des piliers du développement endogène et de la capacité d’innovation d’un pays. C’est pourquoi elle est la clé du progrès des sociétés techniquement développés et de celles s’employant à les devenir. Sans elle, ainsi que le note à juste raison K.D.G. Wimalaratne (1984), il ne peut guère y avoir de développement, car le progrès d’une société dépend de sa capacité de maîtriser le savoir scientifique et technique et de l’exploiter pleinement.

 

Et par politique de l’IST, nous entendons aussi avec V. Montviloff (1990,19),1'ensemble de décisions, principes directeurs et accords qui tracent une ligne directrice assurant le meilleur accès à cette information et sa meilleure utilisation. 

 

Il a été démontré qu’un pays qui ne se dote pas d’un potentiel scientifique et technologique ne saurait jamais prendre conscience de ses propres besoins ni des possibilités existant en la matière sous d’autres cieux.

 

Et partant, il ne saurait non plus ni l’identifier, ni la localiser, ni la stocker en de lieux sûrs et encore moins l’extraire rapidement en vue d’une utilisation pratique dans les différents secteurs productifs de l’économie nationale.

 

C’est le cas de la RD Congo, notre pays qui a aspiré légitimement depuis des décennies à son émergence, mais qui ne dispose pas encore à ce jour d’une politique nationale de l’IST. Pour nous en convaincre, revisitons rapidement ce que fut l’expérience de l’Etat colonial Belge dans la mise en place de l’IST et de sa gestion en vue de son développement économique et ce qui fut fait par la suite.

 

II.    L’expérience de la Colonie du Congo belge en matière d’exploitation de l’IST

 

En Belgique, la science a été utilisée depuis Léopold II comme un instrument idéologique, technique et social en vue de l’« œuvre civilisatrice ». En effet, dans un article intitulé « Acte de foi à la colonisation », Emile Banning, son secrétaire, rappelait l’attachement du Souverain à la science ainsi que son intention de donner à celle-ci une orientation appliquée. Les propos du Roi à ce sujet furent repris par Robert Cornevin (Histoire du Zaïre : des origines à nos jours 1989,137) : « C’est la science qui d’abord oblige le désert à livrer ses secrets, mais la conquête de la science devient promptement celle de la culture morale et intellectuelle, de l’industrie et du commerce ».

 

De Léopold II à Baudouin Ier, la science a occupé une place prépondérante dans la mise en place de l’entreprise coloniale. Mention spéciale est faite ici au roi Albert Ier dont la vision scientifique a été à la base de la création des institutions qui ont été mises sur pied au cours de son 0règne et qui ont largement contribué au développement de la recherche scientifique et spécialement de l’agriculture au Congo belge.

 

En effet, on retrouve cette préoccupation à travers les différents discours du roi Albert Ier prononcés lors du Congrès national de 1920 et celui de 1926. O. Louwers dans  (, Hommage au Roi Albert, Biographie coloniale belge, 1952,  XV-XVI) le cite en ces termes  : « La science, déclarait-il, ouvre largement ses trésors à tous ceux qui désirent appliquer ses découvertes à soulager les souffrances, à accroître le bien-être, surtout à combattre efficacement les terribles maladies qui mettent en péril la vie des Blancs et déciment les Noirs ».« …C’est à la science, ajoute -t-il, qu’il faut recourir pour assurer les progrès de l’agriculture, l’avancement de celle-ci a été en ordre principal l’œuvre des savants ».

Formé aux disciplines de la science positive par les meilleurs savants de son temps, le roi Albert Ier, ajoute Louwers connaissait la part importante de la science dans l’évolution du monde. Il savait quelle influence elle exerce sur le progrès, et comment, avec son concours, les hommes arrivent à discipliner la nature et à la mettre au service de l’humanité. Il ne cessa de stimuler les investigations des savants belges vers les terres du continent noir : vaincre les maladies ; développer l’hygiène ; assainir les régions ; améliorer l’agriculture ; conserver les beautés naturelles du sol et du sous-sol ; découvrir les lois d’une exploitation rationnelle des richesses du sol  et du sous-sol ; rendre plus nombreuses et aisées les communications ; adapter à l’Afrique les découvertes modernes :T.S.F., l’aviation, l’électricité, etc… étaient des problèmes qu’il fallait résoudre par rapport à l’Afrique et à quoi les  savants belges  devaient s’employer dans un sentiment patriotique et humanitaire .

 

Le  Roi mit à cette cause son influence, son énergie et sa ténacité ; il suscita maintes institutions scientifiques (L’Institut Royal Colonial Belge , l’Institut  de Médecine Tropicale, le Fonds Reine Elisabeth pour l’Assistance Médicale aux Indigènes, l’Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo Belge , l’Institut  pour la Recherche Scientifique en Afrique Centrale et  le Parc National Albert qui donna plus tard  naissance à l’Institut National des Parcs Nationaux du Congo Belge sont des créations scientifiques à mettre à l’actif du règne colonial du roi Albert Ier. Ces institutions scientifiques fournissaient aux savants des laboratoires, des moyens de recherche, des éléments de stimulation, bref tout ce qui était nécessaire à la science pour s’épanouir et parvenir à des réalisations concrètes.

Comme dans tous les empires coloniaux, la science fut donc employée par l’Etat colonial belge, ainsi que l’a souligné Wemo Menge[1] comme un instrument technique de la « mise en valeur » et comme outil de modernité permettant d’accroître les connaissances des colonisateurs pour tenter de répondre aux questions fondamentales et spécifiques posées par l’agriculture tropicale.

Lors de la première phase de la colonisation (1885-1908), l’EIC s’était contenté de dresser des inventaires botaniques et de recueillir les données. Ce fut lors de la deuxième phase (1908-1960) que la Colonie du Congo belge introduisit les activités scientifiques en vue d’assurer l’exploitation rationnelle et à outrance des ressources naturelles et d’en tirer un gain économique.

 

 

Suite à la crise économique qui sévit en Belgique au cours de sa seconde industrialisation, consécutivement à la baisse vertigineuse de la production de la houille, la principale activité de son industrie et aux difficultés d’importer les produits agricoles d’Amérique et de France, le pouvoir colonial belge décida alors d’installer au Congo belge des organismes de recherche.

 

Ce fut surtout après la première guerre mondiale que la colonie du Congo belge s’intéressa davantage à l’organisation institutionnelle de la recherche scientifique. Le discours à la fois politique et idéologique du roi Albert Ier prononcé en 1926 lors de la commémoration du 110ème anniversaire des Usines Cockerill qui en avait constitué l’élément déclencheur. En effet, la Fondation qui fut mise en place à l’issue de son intervention modifia de fond en comble la philosophie de la recherche en Belgique et contribua à la promotion de celle-ci aussi bien en Belgique qu’au Congo.

 

Pourquoi se demandera-t-on, la République démocratique du Congo n’a-t-elle pas continué sous la même lancée à son accession à la souveraineté nationale et internationale ? Grâce à la Bibliologie politique, notamment à sa théorie des modèles ou schémas bibliologiques, nous pouvons trouver une réponse convenable et satisfaisante à cette interrogation.

 

Le fait que le pouvoir organisateur avait changé a constitué la raison essentielle d’abandon de la politique de l’information scientifique et technique ayant prévalu antérieurement : le modèle ou schéma bibliologique de la République Démocratique du Congo naissante ayant été différent de celui du régime colonial belge, lequel fut dominant, capitaliste, visant avant tout l’exploitation économique du Congo. Ce qui permit à sa politique de l’Information Scientifique et Technique mise en place de proposer des organes de presse à des contenus intéressants, constituant des réponses aux besoins informationnels tant du pouvoir colonial lui-même que ceux des acteurs à son service en vue de l’exploitation rationnelle des richesses de la Colonie.

 

Tandis que le premier Etat postcolonial, la République Démocratique du Congo (1960-1965) dont les dirigeants prônaient d’emblée la construction de la nation congolaise par la suppression radicale et sans délai de toutes les structures politiques, sociales et économiques héritées de la colonisation , n’avait  pas pu  dans cette euphorie de décolonisation immédiate et totale mettre en place une politique de communication écrite cohérente, un modèle bibliologique précis correspondant à ses besoins ainsi que ceux de sa population.

 

Il avait fallu attendre l’intervention de l’Unesco pour voir se mettre sur pied un modèle bibliologique de type universaliste en vue de sortir le pays en crise de son isolement historique et d’endiguer en même temps l’influence soviétique. Et depuis le pays a continué à évoluer dans ce moule bibliologique de l’Unesco qui n’a toujours pas été repensé en vue de son adaptation à ses besoins spécifiques du moment.


III.  De la tentative de mise en place d’un Système National de l’IST Sous la Deuxième République

 Sous l‘égide de l’Unesco, dans le cadre de son programme d’aide aux Etats membres pour le développement de l’infrastructure en matière d’Information Scientifique et Technique, une mission a été confiée en 1976 à son expert le français André Deweze[2].

Cette mission s’est déroulée à Kinshasa du 2 août au 15 septembre 1976. Elle consistait à :

1)    Faire une étude sur les ressources et les besoins en information scientifique et technique du pays ;

2)    Établir un plan d’action à long terme pour la création d’un système national d’information scientifique et technique (IST) ;

3)    Étudier avec les autorités gouvernementales le financement de ce plan comprenant l’utilisation de ressources nationales, le PNUD et d’autres sources de financement extérieures ;

4)    Soumettre à l’Unesco un rapport sur la mission.

                         Pour mémoire, à cette occasion une trentaine d’organismes représentant divers secteurs de l’économie nationale avaient été contactés. C’étaient essentiellement l’Institut de Recherche Scientifique (I.R.S.), avec ses différents départements, l’Université Nationale du Zaïre (UNAZA), avec ses facultés, et en particulier, l’Institut des Sciences & Techniques de l’Information, le Département de l’Agriculture, le Secteur Energétique et Minier, les Entreprises Industrielles ; sans oublier les organismes de presse écrite et parlée.

                        Au terme de cette mission, les recommandations ci-après avaient été faites aux autorités gouvernementales du Zaïre :

1)    Créer un Office National de l’Information Scientifique et Technique (ONIST) ;

2)    Demander aux organismes internationaux l’envoi d’un expert pour une durée de 3 à 5 ans ;

3)    Eviter la constitution ou le développement d’un organisme central trop lourd et très loin des utilisateurs ;

4)    Créer un réseau souple de cellules documentaires ;

5)    Créer des unités documentaires proches des utilisateurs ou celles qui sont particulièrement attendues ;

6)    Etudier avec les pays les plus proches dont le français est la langue officielle (Congo, Gabon, République Centrafricaine, Cameroun) une exploitation régionale de l’information et de la documentation dans les secteurs prioritaires communs (santé, agriculture, industries agro-alimentaires, transports).

               Mais faute de volonté politique et de financement, le gouvernement de l’époque qui n’était pas convaincu de son utilité économique et sociale immédiate avait tout simplement placé ce projet pourtant intéressant pour le développement tant socio-économique que culturel du pays dans ses tiroirs.


IV. Les conséquences de l’absence d’une politique nationale de l’IST en RD Congo

 

En l’absence d’une politique nationale de l’ST en RD Congo, on a assisté, avec beaucoup d’amertume  au délabrement  progressif des infrastructures que l’Etat congolais avait entretemps  réussi à installer, grâce aux intellectuels qui ouvraient au sein du gouvernement  ou à la tête des établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire ou des organismes en charge de ka recherche scientifique tels  que l’Office National de la Recherche et du Développement(ONRD), l’Institut de la Recherche Scientifique(IRS),les Editions Lokole,  les Presses Universitaires du Congo(PUC), les Presses  de l’Université de Kinshasa (PUK), les Presses Universitaires de Lubumbashi (PUL) ,les Presses Universitaires de Kisangani(PUK)… qui  ont produit des œuvres scientifiques de grande qualité, lesquelles ont fait jadis la fierté de la nation, Mais ces institutions n’ ayant pas bénéficié de l’accompagnement financier du gouvernement ont vu par la suite leur production baisser et devenir sporadique.

 

Aujourd’hui, on observe une ruée des manuscrits de l’élite intellectuelle congolaise vers les maisons d’édition étrangère, européennes, en l’occurrence, les Editions l’Harmattan, en France, Les Editions Universitaires Européennes Cette exportation massive de la production scientifique congolaise constitue indubitablement un important manque à gagner financier pour l’économie de notre pays.

 

On écrit pour être vendu et lu ! En effet, lorsqu’on rédige un texte, l’on a en vue un interlocuteur, un public bien précis. Généralement ; l’on pense avant tout à son entourage le plus proche. Certes, comme l’a si bien compris l’écrivain français (Victor Hugo(1802-1885), Discours, adopté de Wikiquote, dernière mise à jour 22 mai 2020.L’histoire), « le livre, comme livre, appartient à l’auteure, mais comme pensée, il appartient au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit ». Et celles-ci, c’est d’abord, la charité bien ordonnée commençant par soi-même, celles qui se trouvent dans son pays, dans son continent et enfin dans le monde entier. Par ailleurs, ainsi que l’a si bien écrit (Louis Pasteur, Discours prononcé à l’inauguration de l’Institut Pasteur, 1888)                                    “Si la science n’a pas de patrie, l’homme de science doit en avoir une, et c’est à elle qu’il doit reporter l’influence que ses travaux peuvent avoir dans le monde”.

                       Cette désappropriation de la production scientifique congolaise en faveur des maisons d’édition européennes déplorée plus haut peut être observée à travers cet échantillon pris à la volée et repris sur le tableau ci-dessous :


Tableau 1 : La production scientifique congolaise éditée en RDC et en Europe

Auteurs

Nombre d’ouvrages enregistrés dans le WorldCat

Edités en RDC

Edités en Europe

Total

1

Ndaywel è Nziem

106

15

 

91

106

2

Ngoma Binda

53

23

30

53

3

Mutamba Makombo

33

13

20

33

4

Mabiala Mantuba

37

16

21

37

5

Makolo Muswaswa

17

2

15

17

6

Bongeli Yekelo ya Ato

26

1

25

26

7

Lapika Dimomfu

15

2

13

15

8

Matangila Musadila

27

0

27

27

9

Sesep N’Sial

15

12

3

15

10

Bongo Pasi  Moke Sangol

41

 

33

8

41

 

Source : WorldCat. Consulté le 13 décembre 2024.

World Cat est le catalogue le plus important   ou mieux la base de données bibliographiques la plus importante du monde, basé(e) à Ohio, aux Etats-U0nis d’Amérique. Nous ne prenons en compte ici que le livre imprimé et laissons de côté les autres formats tels que le livre numérique, la thèse, l’article, la carte géographique, les documents d’archives téléchargeables, le fichier d’ordinateur, la musique numérique ou l’enregistrement sonore.

Malheureusement, la plupart de ces publications éditées à l’étranger ne sont pas connues de la plupart de Congolais, leurs principaux destinataires à qui elles sont très souvent inaccessibles, car vendues en devises étrangères (Euro, Dollar, Livre Sterling ou Deutschemark …. Et à des prix exorbitants, leurs auteurs visant toujours à récupérer tant soit peu quelque chose sur les moyens financiers investis pour se faire publier. Elles ne sont pas reprises dans la Bibliographie Nationale du Congo et ne sont pas présentes dans les bibliothèques du pays. Or, l’un des bénéfices moraux que peut tirer un auteur, c’est notamment de voir son nom figurer dans la bibliographie nationale de son pays, ses écrits occuper les rayons de bibliothèques de celui-ci et de se savoir lu et cité par ses compatriotes.

 

A ce sujet, une étude récente de Madame (Sabine Kabaka Sesep, 2021,77) signale la présence des références bibliographiques congolaises, en plus des références bibliographiques relatives aux publications étrangères dans les mémoires de DES/DEA des étudiants de la faculté de Droit de l’université de Kinshasa, de 2003 à 2011.Le Top 1 des Auteurs Congolais les plus cités dans ces mémoires se présente de la manière suivante :


Tableau 2 : Le Top 10 des auteurs congolais les plus cités dans les mémoires de DES/DEA de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, de 2003 à 2011

Auteurs

Profession

Formation

Nombre des citations

Classement

1.

Bakandeja wa Mpunga

Professeur

Juriste

49

1er

2.

Kalongo Mbikayi

Professeur

Juriste

38

3.

Mukadi Bonyi

Professeur

Juriste

35

4.

Shomba Kinyamba

Professeur

Anthropologue

33

5.

Nyabirungu mwene Songa

Professeur

Juriste

32

6.

Katuala Kaba Kashala

Magistrat

Juriste

30

7.

Kabange Ntabala

Professeur

Juriste

29

8.

Lokombe Nghenda

Professeur

Juriste

29

9

Kalambayi Lumpungu

Professeur

Juriste

28

10.

Mampuya Kanunk’a Tshiabo

Professeur

Juriste

28

10è

 

Source : KABAKA Sesep, Sabine, La place de la publication scientifique congolaise dans les références bibliographiques des mémoires de 3è cycle de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa : 2003-2011, Mémoire de DEA en Sciences & Techniques Documentaires, Faculté des Lettres & Sciences Humaines, Université de Kinshasa, 2020-2021.

 

La bibliothèque Urbaine de Kinshasa à la création de laquelle nous avons personnellement participé organise en son sein depuis sa création un fonds documentaire dénommé « Fonds Congo », en plus du fonds documentaire général de cette bibliothèque. Ce fonds spécial a pour objectif de rassembler et de valoriser les publications éditées ici au Congo ainsi que celles produites par la diaspora congolaise et les étrangers s’intéressant au Congo.

 

C’est la partie la plus exploitée de l’ensemble du fonds documentaire de la bibliothèque par ses usagers. C’est cette particularité la bibliothèque Urbaine de Kinshasa qui fait qu’elle soit la bibliothèque la plus fréquentée de la ville depuis sa création, en 2002.

 

Dans son mémoire de licence en Sciences & Techniques Documentaires présenté et soutenu dernièrement , sous notre direction scientifique,  Madame Dada Ndisaon Moverobe  qui ne s’est intéressée qu’à la classe documentaire 300 (Sciences Sociales, Sciences Economiques et Sciences Juridiques) de ce Fonds Congo a  répertorié 193 ouvrages qui ont fait selon elle l’objet d’une consultation assidue des usagers de la Bibliothèque Urbaine de Kinshasa entre 2010 et 2015.Ce sont 57,7% d’ usagers de sexe masculins et 42,3% de sexe féminin de la bibliothèque  qui ont  consulté ces 193 ouvrages

 

 

Le Top 10 des auteurs les plus consultés se présente comme suit :

Tableau no3 : Le Top 10des auteurs Congolais les plus consultés de la classe 300 du Fonds Congo à la Bibliothèque Urbaine de Kinshasa de 2010 à 2015.

 

Auteurs

Année

Nombre des consultations

Classement

Ntumba Luaba

2015

209

1er

Kalambayi Lumpungu

2015

185

Nyabirungu mwene Songa

2014

138

Ntumba Luaba

2014

137

Katuala Kaba Kashala

2012

135

Andende Apindia

2014

119

Kabange Ntabala

2014

119

Kalambayi Lumpungu

2012

114

Katuala Kaba Kashala

2013

113

Bakandeja wa Mpunga

2012

112

10è

 

Source : MOVEROBE Ndisaon, Dada, Place et exploitation des livres congolais dans les bibliothèques de la ville de Kinshasa de 2010-2015 : cas de la Bibliothèque Urbaine de Kinshasa, Mémoire de licence en Sciences & Techniques Documentaires, Faculté des Lettres & Sciences Humaines,2020-2021.83f.

On écrit pour être lu. Et lorsqu’on écrit on vise un interlocuteur, un public bien précis. Généralement, l’on pense à son entourage immédiat, le plus proche. Certes, comme l’a si bien compris l’écrivain français Victor Hugo (2000), « le livre appartient à l’auteur mais comme pensée, il appartient au genre humain ». Par ailleurs, ainsi que l’a écrit cet autre écrivain français (Louis Pasteur 1888), « Si la science n’a pas de patrie, l’homme de science doit en avoir une, et c’est à elle qu’il doit reporter l’influence que ses travaux peuvent avoir dans le monde ».

                            Et le genre humain auquel Victor Hugo fait allusion, c’est d’abord celui de son pays, de son continent et enfin celui du monde entier. Contrairement à l’opinion erronée répandue à tort aujourd’hui dans les milieux des intellectuels congolais selon laquelle pour qu’une publication scientifique ait une visibilité et une audience internationale, elle doit obligatoirement être éditée à l’étranger, celle-ci est démentie par le fait que  beaucoup d’écrits congolais édités localement, en RD Congo  sont pourtant disponibles dans les grandes bibliothèques du monde,  comme nous pouvons le constater  à travers les renseignements ci-dessous :

NDAYWEL è Nziem, Isidore (Editeur scientifique), Quelle politique culturelle pour la troisième république : Conférence Nationale Souveraine, Kinshasa : Bibliothèque Nationale du Zaïre,1993,252p. : couv. en coul. ; 23 cm. Un exemplaire de cet ouvrage est disponible dans les bibliothèques suivantes : 1) La Bibliothèque Nationale de France ; 2)La Bibliothèque du Centre d’Etudes Africaines de Paris(France) ; 3)La Bibliothèque de l’University of Oxford ; 4) La Harvard Library ; 5) La Bibliothèque de l’Université de Laval ; 6)La Yale University Library ;

 

NGOMA-BINDA Phambu, Elie, La Participation politique : éthique civique et politique pour une culture de paix, de démocratie et de bonne gouvernance, 2è éd. rev. et augm., Kinshasa, Institut de Formation et d’Etudes  Politiques,2005, 589p. ; 20 cm. Une copie de cet ouvrageest à la disposition des usagers des bibliothèques ci-après : 1) Universitatsbibliothek der  Eberhard Karls Universitat , à Tübingen(Allemagne) ; 2)La Library of Congress (USA) ; 3)La General Library de l’University of Wisconsin(USA) ; 4) aux Stanford University Libraries ;          

 

KASORO Tumbwe, Romain & MATANGILA Ibwa, Alexis, Plurilinguisme et promotion des langues, Kinshasa, CELTA (Cantre de Linguistique Théorique et Appliquée), 1994, 63p. ; 30cm, Une copie de ce livre est conservée à Yale University Library, à New Haven, aux Etats-Unis ;

 

MABIALA Mantuba Ngoma, Pamphile, L’Art au service du culte catholique en République démocratique du Congo, Kinshasa, Médiaspaul, 2018, 184p. ill. ; 24 cm.Ce livre est présent dans les bibliothèques suivantes : 1) à l’Universität Mainz, Zentralbibliothek, Mainz, Germany(Allemagne) ; 2) à la Harvard University Library ;3) à Yale University Library ; 4) à la Columbia University Library, à New York ; 5) à Princeton Theological Seminary Theodore Sedgwick Wright Library ;

 

MAYOLA Mavunzi Lwanga & MBAMBI Monga, Michel, Mal zaïrois et culture managériale pour un patriotisme de développement partagé, Kinshasa, Science et Discursivité, 1997, 168p. ; 20 cm. Une copie de ce livre est disponible à: 1)  l’University of Oxford Library, en Angleterre ; 2)  l’University of Harvard Library ; 3) La Yale University Library ;4)La Pennsylvanie University Library, à Philadelphie ; 5) La Library of Congress , aux Etats-Unis d’Amérique ; 6)  L’University of Toronto Robarts Library, au Canada ;

 

MUKASH Kalel, Timothée, Essai de grammaire Kanyok L32 : phonologie, morphologie, syntaxe, Kinshasa, Ed.  René Descartes, Faculté des Lettres & Sciences Humaines, Université de Kinshasa, 2013, 499p. ill. ; 21 cm. Une copie de cette publication est disponible dans les bibliothèques ci-après : 1) Harvard University Library ; 2) Yale University Library ; 3) à la Columbia University in the city of New-York. Columbia University Librairies ; 4) à la Library of Congress ;5) à l’Indiana University Library ; 6) à Northwestern University Library, aux Etats-Unis d’Amérique.

 

NGIMBI Nseka, Tragique et intersubjectivité dans la philosophie de Gabriel Marcel, Mayidi, Grand Séminaire de Mayidi, 1981, 376p. ,22cm. Préf. de Phoba Mvika. Un exemplaire de ce livre est disponible dans les bibliothèques suivantes : 1) Pontificia Universita Gregoriana, à Rome, en Italie ; 2) Université de Strasbourg. Faculté de Théologie Catholique, en France ; 3) à la Bibliothèque Nationale de France, à Paris ; 4) au Campus Condorcet, à Aubervilliers, en France ; 5) à l’Ecole Normale Supérieur de Paris, en France.

 

OBOTELA Rashidi, Cinquante ans de développement de la République démocratique du Congo : un regard critique, Dakar, IDEP, 2011, 20p., 27 cm, (Africa at 50 discussions paper series ; no3). Un exemplaire de cette publication est conservé dans les bibliothèques suivantes : 1) Harvard University. Harvard Library ; 2) University of Pennsylvania Libraries Van Pelt Library ; 3) Michigan State University librairies ; 4) Stanford University librairies ; 5) UC Berkeley librairies

 

PHOBA Mvika, Notes de cours de logique formelle, Kinshasa, P.U.Z. (Presses Universitaires du Zaïre),1986,126p., 21cm. Un exemplaire de cet ouvrage est disponible : 1) à la Library of Congress, à Washington ;2) à la Michigan State University Library ;3) à l’Indiana University Library ; 4) à l’University of California Library, à Los Angeles, aux Etats-Unis d’Amérique ; 

 

SUMAILI Ngaye-Lusa, Documents pour une étude des particularités lexico-sémantiques du français au Zaire, Kinshasa, Lubumbashi, CELTA, Université de   Lubumbashi,1974,57f., 27cm., (Coll. des Travaux et Documents). Un exemplaire de cet ouvrage est disponible : 1) à la Bibliothèque Nationale de France, à Paris ; 2) à la Library of Congress à Washington ; 3) à l’Indiana University Library ; 4) à la Northwestern University Library ;

 

TETE Wersey Ikiero & KABAKA Kivwila, Bibliographie rétrospective des mémoires présentés à la Faculté de Médecine vétérinaire de Lubumbashi : 1973-1986, Lubumbashi, Publications de la Bibliothèque Universitaire, Université de Lubumbashi, 1988, (Volume 3, no 6). Un exemplaire de cette bibliographie est conservé à la Library of Congress, à Washington, aux Etats-Unis d’Amérique ;

 

YAWIDI Mayinzambi, Jean—Paul, Procès de la société congolaise : soubassement psychologique pour une régénération en vue de la bonne gouvernance, Kinshasa, Centre Zethos, 2003,139p., 20cm. Une copie de cet ouvrage est disponible dans les bibliothèques suivantes : 1) Yale University Library ; 2) Library of Congress ; 3) Northwestern University Library.

Cette visibilité internationale de la production scientifique congolaise diffusée aussi bien à l’étranger que dans le pays  s’explique non seulement  par le fait qu’aujourd’hui, grâce à  l’outil Internet, l’humanité de la Terre peut facilement accéder à toute information qui l’intéresse où qu’elle se trouve, mais aussi et surtout grâce à la veille informationnelle et documentaire mise en place par les puissances occidentales telles que les Etats-Unis d’Amérique, l’Angleterre, la France, l’Italie… pour contrôler et entrer en possession des idées développées à travers le monde et consignées par écrits dans des supports de l’information documentaire tels que les ouvrages, les revues scientifiques, les thèses et mémoires, les rapports, les CD, DVD, cartes, plans, etc… par le truchement de leurs représentations diplomatiques et des correspondants régionaux de leurs bibliothèques basés dans les pays africains qui viennent régulièrement se procurer la documentation congolaise produite localement pour le compte de bibliothèques de leurs pays respectifs.

 

Comment rentabiliser et capitaliser le potentiel scientifique et technologique de notre pays reconnu sous d’autres cieux, mais méconnu, voire ignoré par nous -mêmes et le mettre à contribution en vue de son développement et partant, de son émergence ? Il convient avant tout d’en prendre conscience, de l’organiser, en mettant sur pied une nouvelle politique nationale de l’IST.

 

 

V.    Pour une nouvelle politique de l’Information Scientifique et Technique pour l’émergence de la R.D. Congo à l’horizon 2030

 

L’émergence d’un pays ne se décrète pas verbalement, par des slogans creux ! Elle ne tombe pas non plus du ciel ! Elle se bâtit plutôt et se gagne par un travail d’arrache-pied, bien planifié et de longue haleine !

 

En effet, ainsi que l’a si bien conclu un système économique social et politique est plus performant s'il dispose d'un mécanisme qui permette d'avoir accès au moment voulu à des données et à une information actualisée, pertinente et fiable (28, p. 11-12). La formulation d'une politique nationale d'information aboutit à la définition d'une stratégie qui comprend les étapes suivantes :

v Conception d'un plan d'action pour la mise en place et 1'exploitation de services et de systèmes d'information pleinement intégrés au plan national de développement du pays ;

v Lancement de programmes d'information coordonnés et intégrés au plan d'action ; - mise en œuvre de projets relatifs à 1'information ;

v Fonctionnement optimal des services et systèmes d'information. 

 

Certes, on ne saurait envisager de proposer un nouveau projet de politique national de l’IST sans tenir compte de celui préconisé par l’Unesco en 1976 qu’il faudra ensuite actualiser, eu égard aux besoins spécifiques présents et futurs du pays ; à l’état d’avancement actuel de la science et de la technologie et aux normes internationales requises en vogue dans les domaines des Sciences de l’information et de la documentation ainsi que de la communication. Sans oublier de tenir compte du nouveau paradigme qu’est la « science ouverte

 

Tout est avant tout ici, une question politique, une question de volonté politique. Etant donné qu’en ce qui nous concerne l’émergence du pays à l’horizon 2030 est une initiative, l’ambition légitime du gouvernent, il faudra qu’il finance ce programme. Ce qui permettra entre autres actes à la communauté scientifique congolaise de renouer et d’élargir ses contacts avec le reste du monde ; de relancer la recherche scientifique par son financement conséquent et régulier.

 

En effet, ainsi que le note si bien Frank Ramus, « La science ne connaît pas de frontières. C’est un ensemble de connaissances à vocation universelle. Une discipline scientifique qui se développerait dans un seul pays, sans tenir compte des connaissances produites ailleurs, sans diffuser ses résultats à l'extérieur de ses frontières, et sans s'exposer au regard critique des autres, aurait de sérieux problèmes de validité, et aurait peu d'influence sur le cours global de la science. C'est pour cela que dans la recherche plus que dans tout autre secteur, le développement d'Internet a été mis à profit pour diffuser tous azimuts les publications scientifiques. La lenteur de l'édition papier et de l'acheminement postal n'est donc plus un frein à la communication scientifique ».

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

v CORNEVIN, Robert, Histoire du Zaïre : des origines à nos jours, 4è éd. Bruxelles : Hayez, 1989, p.137.

v DAHAMANE, M. Information scientifique ct technique. In : Communication et langages, 1991, N° 90, p. 104-105.

v LOUWERS, O Hommage au Roi Albert. In : Biographie coloniale belge, Bruxelles : Institut Royal Colonial Belge, 1952, pp. XV-XVI.

v MONTVILOFF, V. Politiques nationales d’information : manuel concernant la formulation, approbation, la mise en œuvre et l’action d'une politique nationale de l’information, Paris : UNESCO, 1990, p.19

v WIMALARATNE, K.D.G. Les informations scientifiques et techniques contenues dans les dossiers d'affaires des administrations publiques : une étude du RAMP Programme général d'information et UNISIST Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture DEC, Paris, 1984.

v WEMO MENGE (2001), Transfert du savoir Agricole au Congo-Zaire : héritage colonial et recherche agronomique, Paris, L’Harmattan, p.52.


[1] Wemo Menge, Op.cit. p.52.

[2] Cette mission se déroula  à Kinshasa du …

[3] Frank Ramus, Comprendre la publication scientifique. In : Science et pseudo-sciences, 308.

 
 
 

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