PERCEPTION ET DETERMINANTS DE L’ADAPTATION DES MENAGES AGRICOLES DE KAMONIA EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
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BILOSO MOYENE APOLLINAIRE
Professeur Ordinaire, Faculté des Sciences Agronomiques et Environnement, Université de Kinshasa

RESUME
La présente étude a porté sur la perception et adaptation des ménages agricoles de Kamonia face aux changements climatiques. Un échantillon de 340 ménages agricoles a été enquêté. Les résultats indiquent que les manifestations du changement climatique les plus fréquemment perçues sont : la perturbation du régime pluviométrique ou le retard des pluies (88 %), les vents violents (79 %), la variation des températures (41 %) et, dans une moindre mesure, les inondations (5 %).
Ces perturbations affectent significativement les activités agricoles, en compromettant la performance des cultures, les rendements, les revenus et la sécurité alimentaire. Cependant, la capacité d’adaptation demeure limitée : seuls 23 % des ménages adoptent des mesures face aux vents violents, 15 % face à la variation thermique, et à peine 11 % en réponse au retard des pluies.
L’analyse des déterminants de l’adaptation révèle que les ménages en situation de sécurité alimentaire et ceux pratiquant l’élevage ont chacun une probabilité cinq fois plus élevée de recourir aux stratégies d’adaptation (p < 0,001). L’étude démontre une augmentation de la probabilité de 1,6 fois de suite de l’accroissement d’une unité de la population active. À l’inverse, une hausse de la part des dépenses alimentaires et de l’âge du chef de ménage diminue respectivement les chances d’adaptation de 0,9 fois (p < 0,001).
Mots clés (perception, déterminant, adaptation, chaîne d’impact)
ABSTRACTThis study focused on the perception and adaptation of Kamonia's farming households to climate change. A sample of 340 farming households was surveyed. The results indicate that the most frequently perceived manifestations of climate change are: disruption of rainfall patterns or delayed rainfall (88%), strong winds (79%), temperature variation (41%) and, to a lesser extent, flooding (5%).
These disruptions significantly affect farming activities, compromising crop performance, yields, income and food security. However, adaptive capacity remains limited: only 23% of households adopt measures in response to high winds, 15% in response to thermal variation, and barely 11% in response to delayed rains.
Analysis of the determinants of adaptation reveals that food-secure and livestock-farming households are each five times more likely to use coping strategies (p < 0.001). The study shows a 1.6-fold increase in the probability of a one-unit increase in the working population. Conversely, an increase in the share of food expenditure and the age of the head of household respectively reduced the chances of adaptation by 0.9 times (p < 0.001).
Keywords (perception, determinant, adaptation, impact chain)
1. INTRODUCTION
La République Démocratique du Congo (RDC) dispose de plus de 80 millions d’hectares de terres arables et de 4 millions d’hectares de terres irrigables. Son climat bien diversifié, matérialisé par l’existence de plusieurs zones agro-écologiques et son important réseau hydrographique lui permettent de pratiquer une gamme variée des spéculations agricoles, s’étalant tout au long de l’année (Tollens, 2004 ; Minagri, 2021).
L'agriculture est la principale source de revenus et d'emplois du pays, représentant environ 20 % du produit intérieur brut (PIB) et emploi entre 70 à 75 % de la population active. La croissance économique de la RDC est étroitement liée à celle du PIB agricole, qui dépend du climat (Banque Mondiale, 2020a). Or, au cours des dernières décennies, le changement climatique a affecté les systèmes naturels et humains sur les continents (GIEC, 2014a). Ce changement climatique entraîne des régimes de précipitations plus erratiques, menaçant ainsi les efforts de reconstruction du secteur agricole (Banque Mondiale, 2020a). Ceci exacerbe le niveau de vulnérabilité des communautés. Le GIEC (2022b) a démontré que les communautés pauvres, et plus particulièrement les ménages agricoles située dans les régions présentant des niveaux élevés de vulnérabilité et d'inégalité, sont moins résilientes aux divers impacts du changement climatiques.
Avec une population d’environ 99 millions d’habitants, la RDC figure parmi les cinq nations les plus pauvres au monde. Selon la Banque Mondiale (2023b), 62 % de sa population vit avec moins de 2,15 dollars par jour. La RDC est classée 176 ième sur 187 pays selon l'indice de développement humain (IDH) après l'Inde et le Nigeria, la RDC est le troisième pays au monde avec le plus grand nombre de pauvres (Banque Mondialeb, cit.). Or, les Nations Unies (2019) ont indiqué que les changements climatiques entraîneront des conséquences dévastatrices pour les personnes vivant dans la pauvreté. En 2022, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, 2022b) confirme les impacts considérables des changements climatiques sur les moyens de subsistance et les conditions de vie de population, en particulier celles des plus pauvres et les plus vulnérables, et continueront de nuire au développement. Ces effets délétères, comme le soulignent Tshimanga et al., (2022), ne se limitent pas aux seules sphères environnementales, mais s’étendent également aux secteurs socio-économiques connexes.
La pauvreté et les effets du changement climatique observés au niveau national n’épargnent pas la province du Kasaï. Elle est marquée par des conflits récents et une faible présence d’infrastructures (Kabata Kabamba, 2018). La province se distingue par une vulnérabilité accrue face aux effets du changement climatique et compte le plus grand nombre de pauvres en RDC (1 500 000 à 2 200 000 personnes). Le taux de pauvreté dans la province oscille entre 60 et 70% (Banque Mondiale, 2016c). L’insécurité alimentaire affecte 65,3% de la population (PAM, 2020). Selon le 19ème cycle de Cadre Intégré de Classification de la sécurité Alimentaire (IPC), deux territoires sur cinq au Kasaï (Tshikapa/Kamonia et Luebo) sont classés en phase 4 IPC, caractérisés par une malnutrition aiguë très élevée et une mortalité excessive. Les trois territoires restant se situe en phase 3 IPC, indiquant une malnutrition aiguë élevée ou supérieure aux niveaux habituels. Ceci reflète l’image d’une crise alimentaire généralisée sur la province.
Paradoxalement, la province dispose d’un potentiel agricole non négligeable. Son climat est essentiellement tropical et équatorial. Elle dispose de 14.345 K² de terre arable et de vaste pâturage qui offrent une bonne perspective d’exploitation de gros et petit bétail (IPA, 2021). Malgré cela, le secteur agricole de la province est confronté à plusieurs problèmes dont celui lié à la variabilité des paramètres climatiques. Elle est perçue principalement à travers les inondations, le retard ou la précocité des précipitations ainsi que l’augmentation des températures.
L’analyse des données historiques des quatre dernières décennies indiquent une augmentation des températures extrêmes et de la fréquence des épisodes de pluie intense. Les projections climatiques incluent les éléments suivants : (i) une augmentation probable des températures ; (ii) l'augmentation possible de la fréquence et de l'étendue des précipitations extrêmes et des inondations ; (iii) une fréquence plus élevée des sécheresses, avec des perturbations du calendrier agricole ; et (iv) la poursuite de l'élévation du niveau de la mer, à la suite de l'élévation de 21 centimètres observée en 2009 par rapport à 1880 (Tshimanga et al., 2022).
Les peuples et les sociétés ont réussi avec plus ou moins de succès à s’adapter ou à faire face au climat, à ses variations et aux phénomènes climatiques extrêmes tout au long de leur histoire (GIEC, 2014a). Cependant, les populations pauvres dont la subsistance repose exclusivement sur l’agriculture pluviale, comme c’est le cas pour la communauté du Kasaï, demeure vulnérables aux aléas climatiques. Pourtant, l’une des objectifs du Programme National d’Adaptation (PNA) est de réduire la vulnérabilité du pays aux incidences des changements climatiques, en renforçant sa capacité d’adaptation et sa résilience (MEDD, 2021), ce qui confère un intérêt spécifique à la présente étude.
La présente étude se concentre sur la perception et l’adaptation aux changements climatique. La compréhension de ces perceptions s’avère fondamentale pour la mise en œuvre des politiques d'adaptation efficaces et acceptées par les populations.
Plus spécifiquement, l’étude vise à :
1. Identifier les perturbations/effets ressentis dus au changement climatique, en mettant en évidence les changements majeurs survenus dans le milieu ;
2. Analyser la chaîne d’impact issue des perturbations climatiques ressenties par les ménages ;
3. Appreier les stratégies d’adaptation mises en place par les ménages en fonction des perturbations ressenties, tout en mettant l’accent sur les facteurs explicatifs de l’adaptation des ménages.
2. MILIEU, MATERIEL ET METHODES
2.1. Milieu d’étude
Le territoire de Kamonia, l’un des cinq territoires de la province du Kasaï fait l’objet de cette étude. Il est le territoire le plus vaste de la province du Kasaï avec environ 60 % de population. Du point de vue géographique, le territoire de Kamonia est delimité au Nord par les territoires de Luebo et Ilebo ; au Sud par la République d’Angola ; à l’Est, par les territoires de Kazumba et Luiza, et à l’Ouest par la province du Kwilu.
Le territoire de Kamonia est subdivisé en neuf secteurs, à savoir Bapende, Bakuanyambi, Luanga Tshimu, Kasaï Lunyeka, Kasaï Kambambayi, Lovua Luange Tshimu, Lova Lushiku, Kasadisadi et Tshikapa Biakabomba. En outre, le territoire dispose également d’une commune rurale. La population du territoire est composée de diverses tribus, dont les Pende, les Tshokwe et les Nyambi. La carte administrative de Kamonia est présentée ci-dessous.
Figure 1. Localisation de la Zone d’étude
Source : Auteur
Du point de vue climatique, le territoire de Kamonia a un climat de type tropical humide, avec deux saisons : une saison des pluies et une saison sèche. Selon la projection de l’auteur, Kamonia est majoritairement recouvert de savane, qui s’étend sur environ 20 108 km², constituant ainsi la forme de végétation dominante dans la majorité des secteurs. La couverture forestière représente une superficie totale d’environ 4 516 km², répartie entre forêt secondaire mature (2 272 km²) et forêt secondaire jeune (2 244 km²). Les forêts se concentrent principalement dans les secteurs de Kasaï-Kabambaie et de Bakwa Nyambi. Toutefois, des îlots forestiers subsistent dans les autres secteurs, généralement sous forme dégradée. Les espaces anthropisés, incluant les zones habitées ainsi que les terres agricoles (champs et jachères), couvrent environ 7 094 km² du territoire de Kamonia (figure n°2.).
Figure 2. Répartition spatiale de l’occupation du sol du territoire Kamonia 2024
Source : Auteurs
2.2. Matériels et Méthodes
La méthodologie utilisée s’inscrit dans une grande étude portant sur les conditions de vie, la perception et l’adaptation aux changements climatiques. Pour ce faire, une combinaison des approches ont été nécessaire. Les observations, la méthode hypthetico-deductive et le focus groups ont servi pour la conduite de cette étude. La documentation, les enquêtes auprès des ménages et les entretiens avec les personnes ressources sont parmi les techniques utilisées et ayant permis de bien appréhender la problématique étudiée.
Les observations ont permis de porter un regard sur le comportement des agriculteurs face aux changements climatiques. La méthode hypthetico-deductive a permis d’expliquer ce comportement d’adaptation des ménages face aux changements climatiques. Le Focus groups a permis de procéder au recoupement des informations issus d’un groupe de 10 à 15 exploitants agricoles pour la véracité des certaines informations (Biloso, 2010). Les enquêtes ménages ont permis de collecter les données primaires essentielles pour répondre aux questions de la recherche, vérifier les hypothèses et d’atteindre les objectifs assignés à la présente étude.
Les enquêtes pour mesurer la perception des ménages se justifie par le fait que les ménages agricoles ne disposent pas des équipements pour suivre systématiquement l’évolution des paramètres climatiques. C’est ainsi qu’ils fondent leur perception de la variabilité climatique sur des événements climatiques vécus (l’abondance des pluies, la sécheresse, l’inondations, etc.). Cette variabilité climatique est perçue à travers les effets néfastes ressentis sur leurs travaux agricoles (Kasongo et al., 2017). Afin d’y parvenir, un questionnaire a été élaboré et programmé sur Kobotoolbox, une plateforme dédiée à la collecte des données, pour faciliter l’acquisition des données par le biais d’un terminal androïde. Les données recueillies dans le cadre de cette étude ont été collectées au mois d’avril 2022.
L’essentiel d’informations recueillies se résume de la manière suivante :
- Profil du répondant (sexe, statut marital, âge, niveau d’étude, taille de ménage etc.) ;
- Le système de production agricole ;
- Statut foncier ;
- Les effets du changement climatique ressenti ;
- Les conséquences de ces effets ;
- Consommation alimentaire ;
- Postes des dépenses.
Pour renseigner sur l’occupation des terres et l’évolution du couvert forestier, le recours à la plateforme GLAD (Global Land Analysis and Discovery).
2.3.1. Echantillon
Selon la division de la santé du Kasaï (2020), la province du Kasaï compte 651 697 ménages agricoles, dont 58% d’entre eux sont issus du territoire de Kamonia, soit 378.650 ménages. Étant donné l’impossibilité de s’entretenir avec l’ensemble de ces ménages, une méthode aléatoire a été appliquée pour sélectionner un échantillon représentatif des populations du territoire. La formule suivante a été utilisé pour calculer la taille de l’échantillon des populations enquêtées.
(1)
Avec :
n : Taille de l’échantillon ;
z : valeur du seuil de confiance, sa valeur est de 1,96 ;
p : proportion des personnes ayant la caractéristique recherchée dans la population d’étude (soit, Proportion p des éléments de la population-mère). Or, la littérature dit que plus de 70% de ménages dans la province sont agriculteur, donc la prévalence minimale utilisée est de 0,7 ;
q : proportion des personnes n’ayant pas la caractéristique recherchée dans la population d’étude, sa valeur est de 1-p, soit 0,3 ;
d : degré de précision de la mesure ou marge d’erreur toléré, sa valeur est de 0,05.
N : Nombre total de ménages agricoles à Kamonia (378.650 ménages).
Au total, un échantillon de 322 ménages était nécessaire pour mener à bien cette étude. Cette taille de l’échantillon a été augmentée de 5% afin palier au problème des données manquantes, ce qui a ramené la taille de l’échantillon à 340 ménages agricoles. Ces ménages ont été sélectionnés de manière aléatoire au sein de chaque bassin de production ou secteur administratif.
Au total, neuf (9) bassins de production ont été identifiés, à savoir : Bakua Nyambi, Tshikapa, Bapende, Lovua Langa-Tshimu, Kasaï Lunyeka, Kasadisadi, Kasaï Kambambayi, Lovua Luange Tshimu et Lova Lushiku. Ces bassins sont habités par trois tribus originaires (les Pende, les Tshokwe et les Nyambi ou lubaphone). C’est ainsi qu’un groupement des bassins a été nécessaire en vue de garantir la représentativité ethnique et géographique des communautés locales.
Ainsi, les 340 ménages enquêtés ont été repartis de la manière suivante : 180 ménages enquêtés dans le bassin de production de Bakwa nyambi, chez les lubaphones ; 80 ménages dans chacun des bassins de production de Bapende, chez les pende et de Lovua Lushiku, chez les Tshokwe.
Dans chaque bassin de production, le choix des villages et des ménages agricoles a été réalisé de manière aléatoire sur base des listes. La liste des villages a été obtenue auprès des services de l’administration territoriale, tandis que celle des ménages a été établies en collaboration avec les chefs des villages. Le nombre de ménages enquêtés par village a été fixé à 20, compte tenu de la faible densité des populations au sein des villages.
S’agissant des données géospatiales, elles ont été téléchargées sur la plateforme GLAD (Global Land Analysis and Discovery) puis analysé suivant les périodes 2000 – 2006, 2006 – 2012, 2012 – 2018 et 2018 - 2024. Ces données renseignent sur la perte du couvert arboré entre les années 2000 et 2024.
2.3.2. Traitement et analyse de données
La collecte de données a été réalisée à l’aide des tablettes (Kobo collect), ce qui que la base de données a été constituée au fur et à mesure que les données étaient encodées. Les données ainsi collectées ont été transférées et analysées par le biais du logiciel SPSS. Les graphiques ont été générés via Microsoft Excel.
Les variables qualitatives ont été synthétisées en fonction des fréquences absolues et relatives, à l’aide de la méthode des tris à plats et tris croisés. Les variables quantitatives ont été résumées en paramètre de tendance central (moyenne, médiane, etc.) et de dispersion (écart-type). Afin d’inférer les résultats sur l’ensemble de la population sous étude, certains tests statistiques ont été appliqués. Il s’agit de :
- Test de Khi-deux avec l’hypothèse nulle, l’absence de lien entre les deux variables croisées ;
- Test de Student pour comparer les moyennes de deux catégories ;
- Régression logistique pour modéliser la réponse Y dichotomique (0,1) en fonction de variables explicatives (Zéro signifie échec et 1 signifie succès). Ce test a permis de prédire le recours aux stratégies d’adaptation des ménages agricoles face au effets des changements climatiques (oui, non) en fonction des variables indépendantes suivantes : la sécurité alimentaire (SCAM), le revenu, la part de revenu affectée à l’alimentation (Poids_aliment), le nombre des personnes actives (Pers_active), la pratique de l’élevage (Elevage), la superficie de champs emblavé (sup_champs), appartenance à une organisation, l’âge du chef de ménage (Age), le nombre d’année scolaire (Nbre_annee_etude) et le genre du chef de ménage (Genre_CM). Le tableau ci-dessous présente la définition de chacune des variables utilisées dans le modèle.
Tableau 1. Définition des variables utilisées dans le modèle
Variable à expliquer | Variables explicatives | Explication | Codage | Effet attendu |
Adaptation_retard_pluie Avoir développé les stratégies contre le retard de pluie (Oui/Non)
| SCAM | Sécurité alimentaire | 1.Sécurité 0. Insécurité | + |
Genre | Genre du chef de ménage | 1.Homme 0. Femme | + | |
Elevage | Pratique d’élevage | 1.Oui 0. Non | + | |
Revenu | Revenu | Quantitative discret | + | |
Poids_aliment | Part du revenu destinée à l’alimentation | Quantitative continue | - | |
Pers_active | Nombre des personnes en âge de travailler | Quantitative discret | + | |
Age1 | Age | Quantitative discret | - | |
Nbre_annee_etude | Nombre d’année d’étude | Quantitative discret | + | |
Sup_champs | Superficie de champs emblavée | 1. Plus de 0,5 ha 0 moins de 5 ha | - | |
| Organisation | Appartenance à une organisation | 1.Oui 0. Non | + |
La variation sécurité alimentaire (SCAM) a été élaborée en utilisant le score de consommation alimentaire suivant le Programme Alimentaire Mondiale (2020). Ainsi, la classe d’insécurité alimentaire sévère et modérée ont été regroupé pour constituer la classe d’insécurité alimentaire.
Les données géospatiales ont été analysées grâce au logiciel ArcGis 10.8.2, la mosaïque de l’image Landsat 2024, sans nuage a été classifiée suivant la méthode de classification supervisée, au moyen de l’algorithme Maximum de vraisemblance. Cet algorithme classe les pixels selon une méthode probabiliste. Il calcule pour chaque pixel de l’image, la probabilité d’être rattaché à chacune des classes. Ces calculs se basent sur la moyenne de la zone d’entraînement, sur la signature du pixel et sur la marge d’erreur standard de la matrice de covariance des pixels de la zone d’entraînement. Le pixel est ensuite classifié, dans la classe ayant la plus grande probabilité.
3. RESULTATS ET DISCUSSION
La présentation des résultats suit une approche globale qui tient en compte de la situation du territoire. Cette section reprend les résultats sur le profil socio-économique des ménages agricoles enquêtés, l’aperçu du secteur agricole dans le territoire de Kamonia, la perception et l’impact du changement climatique ainsi le mécanisme d’adaptation développée par les ménages. Une attention particulière a été portée sur les déterminants de l’adaptation face aux effets des changements climatiques ressentis.
3.1. Profil socio-économique du ménage
La présente étude a ciblé les ménages agricoles dans le territoire de Kamonia. Il ressort des analyses que 65% de ces ménages sont constitués de 4 à 9 personnes, avec une taille de ménage moyenne de l’ordre de 8 personnes. En outre, la majorité des chefs de ménages, soit 91 %, sont des hommes dont l’âge moyen est de 42 ± 13 ans. Les enquêtés ont un niveau d’étude correspondant à 2 années d’étude poste primaire, soit 8 ± 3,8 années d'étude scolaire. La grande majorité des chefs de ménage enquêtés vivent dans une union de mariage (91 %) et vivent principalement de l’agriculture (92 %).
En ce qui concerne le revenu de ménage, il est de 67 ± 51 USD par mois. L’analyse statistique a révélé aucune différence significative entre le revenu et le genre du chef de ménage (t :0,501 ; ddl 338 ; sig.0,617). Les dépenses alimentaires représentent une proportion significative du revenu ménager, s’élevant à environ 75%. La consommation journalière par membre de ménage s’établit à environ 0,217 USD par jour. Ces résultats prouvent que les ménages agricoles enquêtés sont confrontés à la pauvreté extrême.
L’agriculture demeure la principale source de revenu pour les populations étudiées, mais ne permet pas de couvrir leurs besoins alimentaires. Les analyses montrent que le régime alimentaire des populations étudiées est caractérisé par une consommation monotone. En effet, les légumes feuilles (six jours) et le fufu (sept jours) constitue la base de la consommation alimentaire dans la zone d’étude. Pour bien cerner la question alimentaire, un score de consommation alimentaire (SCA) a été calculé pour apprécier le niveau d’insécurité alimentaire. A cet effet, près de 7 ménages sur 10 (soit 67 %) vivent globalement en situation d’insécurité alimentaire, dont près de 2 ménages (soit 18 %) en situation d’insécurité alimentaire sévère et près de 5 ménages (soit 49 %) en situation d’insécurité alimentaire modérée. Le tableau n°2 présente les caractéristiques des ménages enquêtés.
Tableau 2. Caractéristiques des enquêtés
| N | Moyenne | Ecart type |
Age du chef de ménage | 340 | 42,11 | 13,139 |
Nombre d’années d’étude | 340 | 8,19 | 3,829 |
Superficie champs | 324 | 0,8316 | 0,82750 |
Taille du ménage | 340 | 8,25 | 3,310 |
Personne active | 340 | 2,6735 | 1,91929 |
Revenu | 340 | 67,3852 | 51,21833 |
Part des dépenses alimentaire | 340 | 74,7254 | 17,83482 |
3.2. Identification des perturbations
Les effets du changement climatique sont perceptibles à travers le monde et entraînent des conséquences délétères sur l’environnement et le secteur socio-économiques connexes. Le continent africain a une susceptibilité élevée au stress causé par le changement climatique, mais reste sujet à des mesures de capacité d’adaptation relativement faible (Raphael M. Tshimanga et al, cit.).
Selon Hänsler et al. (2012) cité par Raphael M. Tshimanga et ail, (2022) la tendance au réchauffement vers la fin du 21ème siècle sera de l’ordre de 1,5°C à 3°C pour les scénarios de faibles émissions, et de 3,5°C à 6 °C pour les scénarios de fortes émissions. Ceci entraînera une répercussion sur les régimes des pluies (augmentation ou diminution). Selon OCDE (2022), le changement climatique que la Terre connaît actuellement va persister pendant au moins quelques décennies et causer des perturbations substantielles des systèmes humains et naturels. Or, l’agriculture en RDC reste essentiellement pluviale, d’où sa vulnérable aux changements des paramètres climatiques.
Analyser la perception des ménages agricoles face aux changements climatiques revêt une importance cruciale pour la mise en œuvre de stratégies d’adaptation durables et efficaces. Selon Georges Karam et Jocelyne Adjizian Gérard, 2023, les stratégies sont davantage influencées par la perception des menaces que par les risques réels. En effet, les agriculteurs sont en première ligne des impacts du changement climatique, tels que la variabilité des précipitations, les sécheresses récurrentes, la variation thermique etc. Leur perception de ces phénomènes détermine en grande partie leurs attitudes et leurs comportements d’adaptation. Comprendre comment ces acteurs interprètent les signes du changement climatique permet donc d’identifier les mesures qu’ils jugent pertinentes, les obstacles qu’ils rencontrent, ainsi que les savoirs empiriques qu’ils mobilisent.
Ainsi, plusieurs auteurs notamment Gomgnimbou et al., (2020) ; Sissoko et al., 2020 ; Naceur et al., (2022), Kabore et al., (2019), Mushagalusa A. et al, (2021), Georges Karam et Jocelyne Adjizian Gérard (2023) s’accordent sur le fait que les populations locales dans différents pays africains, asiatiques et américains ou encore au niveau du bassin méditerranéen, perçoivent principalement le changement climatique à travers l’augmentation de la température, la réduction de la pluviométrie, la perturbation du régime pluviométrique, et les périodes de sécheresse de longue durée.
3.2.1. Effets ressentis du changement climatique
Les ménages agricoles dirigés par une femme et un homme ont tous le même ressentis des effets des changements climatiques (p>0,05). Ceux derniers perçoivent le changement climatique à travers divers phénomènes : la perturbation du régime de pluie ou le retard de pluies (88%), les vents violents (79%), la variation de la température (41%) et des inondations (5%). L’agriculture telle que pratiquée en RDC et, plus particulièrement à Kamonia est dépendante de régime des pluies. C’est ainsi que, le moindre changement de régime de pluie est immédiatement perceptible par les agricultures. Le retard de pluies, par exemple, a des répercussions sur le calendrier agricole et, par extension, sur les performances agricoles.
La figure n°6 illustre les effets des changements climatiques ressentis par les ménages agricoles.
Figure 3. Effets des changements climatiques ressentis
3.2.2. Analyse de la chaîne d’impact
Le changement climatique est une réalité en RDC qui n’affecte pas de la même façon la population. Les perturbations les plus marquées du système climatique ont été perçue à travers notamment le retard de pluies, les vents violents et une variation de la température. Ces phénomènes entraînent des conséquences sur les activités agricoles, qui constitue la principale source de revenu pour les ménages enquêtés.
Les impacts du climat ont été analysés de manière à établir le lien de causalité entre les effets ressentis et les conséquences sur les activités agricoles (chaîne d’impact), ainsi que sur les conditions socioéconomiques des ménages (figuren°7). En effet, trois facteurs climatiques majeurs sont identifiés comme éléments déclencheurs : le changement de la température, la perturbation du régime de pluie, et les vents violents. Ces manifestations climatiques, de plus en plus fréquentes et intenses, affectent directement les activités agricoles avec comme conséquence indirecte sur les conditions socio-économiques des ménages agricoles. La figure n°7 présente la chaine d’impact.
Figure 4. Chaîne d'impact
3.2.3. Appréciation des mesures d’adaptation mise en place
L’adaptation est définie comme une « démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences, de manière à en atténuer les effets préjudiciables et à en exploiter les effets bénéfiques » (GIEC, 2012c). Cependant, dans le contexte du territoire de Kamonia, la plupart des ménages agricoles sont restés pour la plupart de cas sans réponse face aux conséquences de la variabilité climatiques. En effet, face aux vents violents, une faible proportion des ménages a eu recours à des stratégies d’adaptations, telles que le tuteurage (11 %), la plantation d’arbres (9 %), et dans certaine mesure au changement des sites de production (3 %). Les stratégies développées pour faire face à la variation de température comprennent le changement de site de production (11%) et l’utilisation de variétés adaptées (4 %). En outre, face au retard de pluie, les ménages agricoles ont opté pour les stratégies d’adaptations suivantes : le changement de leur site de production (10 %), la réduction de superficies emblavées (1 %) et le recours à des semences de variétés améliorées (0,4 %).
La figure n°8 présente les stratégies d’adaptation utilisées par les ménages agricole de territoire de Kamonia.
Figure 5. Stratégie d'adaptation développée par les ménages agricoles à Kamonia
3.3. Déterminant de l’adaptation
La lutte contre le changement climatique repose sur deux approches distinctes : la réduction des concentrations croissantes de CO₂ et d'autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère (atténuation), ainsi que la préparation à vivre avec les conséquences inévitables du changement climatique (adaptation) (Denis J. et al., 2014).
Dans le point précédent, le comportement des ménages agricoles du territoire de Kamonia, dans la province du Kasaï, face à la perturbation des paramètres climatiques a été analysé. À présent, il s'agit d’identifier et d’examiner les facteurs déterminant leur adaptation aux effets du changement climatique.
Dans le cadre de la présente étude, le changement climatique a été perçu à travers trois paramètres à savoir : le vent violent, l’augmentation température et le retard de pluie (mauvaise répartition des pluies). Cependant, sur ces trois paramètres, l’analyse se limite à l’examen des déterminants de l’adaptation des ménages agricoles face au retard de pluie. La pluie étant un facteur limitant pour l’agriculture.
L’analyse des déterminants a été rendue possible grâce à l’utilisation de la régression logistique binaire. La variable dépendante est l’adaptation (oui/non) face aux retards des pluies. Les variables indépendantes sont : la sécurité alimentaire (SCAM), la part de revenu allouée à l’alimentation (Poids_aliment), le nombre des personnes actives (Pers_active), la pratique de l’élevage (Elevage), la superficie de champs emblavé (sup_champs), appartenance à une organisation, l’âge du chef de ménage (Age), le nombre d’année scolaire (Nbre_annee_etude), le genre du chef de ménage (Genre_CM) et le revenu.
Il ressort des analyses que cinq variables sur les 10 testées influencent la mise en œuvre des stratégies d’adaptation au niveau des ménages agricoles face au retard de pluie dont trois ont un effet positif et deux autres exercent une influence négative. Les variables qui influencent positivement l’adaptation sont : la sécurité alimentaire (SCAM), le nombre des personnes actives dans le ménage (pers_active) et le fait de pratiquer l’élevage (Elevage). Celles qui exercent une influence négative sont : le poids_aliment et l’âge du chef de ménages. Le tableau ci-dessous présente les déterminants de l’adaptation.
Tableau 3. Les déterminants de l’adaptation des ménages agricoles face aux effets des changements climatiques à Kamonia.
4. Discussion
La présente étude porte sur perception et adaptation aux effets de changement climatique. Il ressort des analyses que les ménages agricoles de Kamonia identifient 4 paramètres perçus comme signe de changement climatique. Il s’agit de la perturbation du régime de pluie ou le retard de pluies (88%), les vents violents (79%), la variation de la température (41%) et des inondations (5%).
Une récente étude menée par Phanzu A. et al., (2024) a révélé que les maraichers de Kinshasa ont été également confrontées aux effets similaires à savoir la variation de la température (70,3%), la modification de la répartition des pluies et de saison sèche (57,4%) et les inondations (45,9%). D’autres auteurs ont aussi corroboré les résultats de la présente étude, notamment Kasongo et al., (2017) avec 97% des fermiers autour de la station de l’INERA/Kipopo dans la province du Katanga en République Démocratique Congo, qui déclarent vivre les effets de la variabilité climatique à travers l’augmentation de la température et de la pluviométrie (le début de la saison des pluies et la survenue de la sécheresse).
Ainsi, plusieurs auteurs notamment Gomgnimbou et al., (2020) ; Sissoko et al., 2020 ; Naceur et al., (2022), Kabore et al., (2019), Mushagalusa A. et al, (2021), Georges Karam et Jocelyne Adjizian Gérard (2023) s’accordent sur le fait que les populations locales dans différents pays africains, asiatiques et américains ou encore au niveau du bassin méditerranéen, perçoivent principalement le changement climatique à travers l’augmentation de la température, la réduction de la pluviométrie, la perturbation du régime pluviométrique, et les périodes de sécheresse de longue durée.
L’analyse de la chaîne a permis d’établir le lien de causalité entre effets ressentis et ces conséquences sur les activités agricoles (chaîne d’impact), ainsi que sur les conditions socioéconomiques des ménages. En effet, trois facteurs climatiques majeurs sont identifiés comme éléments déclencheurs : le changement de la température, la perturbation du régime de pluie, et les vents violents. Ces manifestations climatiques, de plus en plus fréquentes et intenses, affectent directement les activités agricoles.
Parmi les impacts immédiats observés figurent le flétrissement des cultures, le retard des pluies, et la perte des cultures en cours de production. Ces perturbations compromettent la stabilité des cycles agricoles, entraînant une désorganisation du calendrier agricole. Cette instabilité temporelle affecte à son tour les rendements agricoles (quantité produite par unité de surface) ainsi que la production globale.
Les conséquences économiques et sociales de cette baisse de performance sont significatives. On observe notamment une réduction des revenus agricoles, compromettant les moyens de subsistance des ménages ruraux. Par ailleurs, la faible disponibilité alimentaire qui en résulte accentue la vulnérabilité des populations locales, déjà exposées à l’insécurité alimentaire.
Ainsi, cette chaîne d’impact met en lumière la vulnérabilité structurelle du secteur agricole face aux aléas climatiques, et souligne l’importance de promouvoir des stratégies d’adaptation robustes, basées sur la connaissance des risques et l’implication des acteurs locaux.
Plusieurs auteurs corroborent ces résultats. En effet, selon Sissoko et al., (2020), les chargements climatiques entraînent des répercussions notables sur les ressources et les moyens d’existence des communautés. Ces répercussions se traduisent par une baisse de de la productions agricoles et d’élevage, une raréfaction des ressources halieutiques, une déforestation progressive ainsi que la disparition de certaines espèces fauniques. Dans le contexte du maraîchage, Bongongo (2023) souligne que les effets du changement climatique se manifestent par le jaunissement des légumes (22%), la mauvaise croissance des légumes et fruits (19%), la destruction de toutes les espèces des légumes (18%), la brûlure des cultures (12%), le pourrissement des légumes (10%), la perte des germoirs (5%), le faible rendement des cultures (5%) etc. L’analyse minutieuse de ces résultats indique que les paramètres décrient sont à la base de la baisse de rendement des cultures et par ricochet la baisse de revenu. Il a été documenté que les effets ressentis entraînent des conséquences sur les communautés locales et les moyens d’existence (Cirimwami et al., 2019 ; Bele et al., 2014 ; Munyuli et al., 2013 ; Mushagalusa A. et al., 2021), mais aussi sur la sécurité alimentaire de manière particulière (GIEC, 2019d).
Les études ont été réalisées afin de confirmer les effets du changement climatique sur les cultures. Elle se sont notamment appuyés sur l’étude d’IMPACT qui portait sur la simulation d’un scenario de hausse de la température moyenne de 1,5°C à l’horizon 2050, et sur les données de l’année 2000 utilisées comme référence. Il a été démontré que les fluctuations de rendement dans les cultures pluviales sont attribuables aux variations des précipitations et des températures. En ce qui concerne les cultures irriguées, les fluctuations de rendement sont attribuées exclusivement aux variations des température (BOUZELHA Samia, 2020). Ces résultats corroborent les conclusions précédentes qui mettaient en cause la température et la répartition inégale des pluies comme signe de changement climatique les plus ressentis.
Face aux effets de changement climatique ressentis, la plupart des ménages agricoles dans la zone d’étude sont restés sans réponse. Toutefois, face aux vents violents, une faible proportion des ménages a eu recours à des stratégies d’adaptations, telles que le tuteurage (11 %), la plantation d’arbres (9 %), et dans certaine mesure au changement des sites de production (3 %). Les stratégies développées pour faire face à la variation de température comprennent le changement de site de production (11%) et l’utilisation de variétés adaptées (4 %). En outre, face au retard de pluie, les ménages agricoles ont opté pour les stratégies d’adaptations suivantes : le changement de leur site de production (10 %), la réduction de superficies emblavées (1 %) et le recours à des semences de variétés améliorées (0,4 %).
Les études ont montré que les communautés ne restent pas toujours sans réaction face aux effets de changement climatique, tel est le cas de l’étude sur les « perceptions de changement climatique, impacts environnementaux et stratégies endogènes producteurs du Centre-nord du Burkina Faso réalisée par Kabore, P. N. et al., (2019) ». En effet, face à la variation de la température, la répartition irrégulière de pluie et les vent violent, les producteurs ont abandonné certaines cultures de rente (coton et tabac) au profit des céréales (sorgho et le mil), adopté de nouvelles cultures (melon et pastèque), utilisé les bas-fonds, possédé de fosses fumières, adopté l’irrigation et maintenu de la jachère.
Le non-recours aux stratégies d’adaptation augmente la vulnérabilité des ménages agricoles face aux changements climatiques. Cette situation est attribuable au fait que la production des ménages concernés est avant tout destiné à l’autoconsommation et en plus dépendante du régime pluviale (Shimeles et al., 2018 ; Serdeczny et al., 2017 ; Bele et al., 2014 ; Mushagalusa A. et al., 2021). Il suffit donc d’une variabilité des paramètres du climat pour que les conséquences se rabattent sur les conditions de vie des ménages agricoles.
C’est ainsi qu’il souhaitable que toute politique de développement agricole en RDC doit encourager le développement des initiatives allant dans le sens d’atténuer et de renforcer de manière robuste les capacités d’adaptation des ménages agricoles. Parce que l’adoption des mesures d’adaptation permettrait de garantir un meilleur rendement et un revenu agricole. Selon Aloni A et al.,(2024), les ménages qui mettent en œuvre des mesures d’adaptation ont un revenu net supérieur à ceux qui n’y ont pas recours.
Certains facteurs expliquent le faible niveau d’adaptation des ménages. Il s’agit d’un faible accès au crédit dû au manque d’hypothèques (Mulumeoderwa et al. ,2019 ; Chandio et al., 2017 ; Mushagalusa A. et al, 2021), mais aussi à cause d’un accès limité aux technologies (Shimeles et al., 2018 ; Fisher et al., 2015 ; Morton, 2007 ; Mushagalusa A. et al, 2021), de l’accès non sécurisé au foncier (Mushagalusa et Kesonga, 2019 ; Mushagalusa A. et al, 2021) et de faible niveau d’utilisation des bonnes pratiques de gestion de la fertilité des sols (Faye et al., 2019). En effet, le foncier est un paramètre majeur qui empêche les agriculteurs de s’engager dans les pratiques plus durables comme l’agroforesterie (Mushagalusa et Kesonga, 2019 ; Mushagalusa A. et al, 2021). Ainsi, le renforcement de la résilience des ménages agricoles passe également par la sécurisation foncière.
Pour bien comprendre le comportement des agriculteurs face aux changement climatique, une analyse basée sur la régression logistique a permis de mettre en évidence les facteurs déterminant de l’adaptation des ménages agricole face aux effets du changement climatique. Il ressort de cette analyse que la sécurité alimentaire (SCAM), le nombre des personnes actives dans le ménage (pers_active) et le fait de pratiquer l’élevage (Elevage) influent positivement sur l’adaptation. En revanche, le poids_aliment et l’âge du chef de ménages ont un effet négatif.
En analysant chacune de variables, il ressort que la situation de sécurité alimentaire (SCAM) du ménage est un facteur clés d’adaptation, avec un coefficient positif élevé (A = 1,619 ; p < 0,001 ; Odds : 5,050). En effet, les ménages vivant dans une situation de sécurité alimentaire ont cinq fois plus de chances de mettre en œuvre des stratégies d’adaptation comparés à ceux vivant en insécurité alimentaire. Ceci confirme que disposer d’une base alimentaire stable confère aux ménages la capacité d’anticiper et de répondre de manière plus efficace aux aléas climatiques.
La variable « Élevage » est également significative (A = 1,623 ; p = 0,001 ; Odds : 5,070). Par ailleurs, les ménages qui pratiquent l’élevage sont 5 fois beaucoup plus enclins à s’adapter que ceux qui ne le pratiquent pas. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que cette activité constitue une forme de diversification des moyens de substance.
Le nombre de personnes actives dans le ménage exerce aussi une influence positive sur l’adaptation (A = 0,249 ; p = 0,033 ; Odds : 1,283). En effet, un accroissement d’une unité des personnes actives dans un ménages agricoles accroît de 1,6 fois les possibilités d’adoption de nouvelles pratiques agricoles.
En revanche, pour les variables à effet négatif, l’analyse montre que l’augmentation d’une unité supplémentaire du poids des dépenses alimentaires (A = -0,041 ; p = 0,004 ; Odds :0,96) diminue de 0,96 fois la probabilité d’adaptation. Ceci traduise une situation de vulnérabilité économique qui limite la capacité des ménages à investir dans des mesures adaptatives. De même, l’âge du chef de ménage (A = -0,041 ; p = 0,036 ; Odds : 0,960) a un effet sur l’adaptation. En effet, une augmentation d’une unité d’âge du chef de ménage réduit de 0,96 fois la susceptibilité de s’adaptation. Ceci probablement en raison d’une moindre ouverture au changement ou de capacités physiques réduites.
Toutefois, les autres variables telles que le revenu, le niveau d’étude, le genre du chef de ménage, l’appartenance à une organisation ou encore la superficie des champs ne présentent pas de lien significatif avec l’adaptation dans ce modèle. Cette observation laisse supposer que, dans ce contexte particulier, ces facteurs ne jouent pas un rôle déterminant dans la capacité des ménages à s’adapter aux effets du changement climatique.
5. Conclusion
La présente étude porte sur la perception et les stratégies d’adaptation des ménages agricoles face aux effets du changement climatique dans le territoire de Kamonia. Les résultats montrent que les ménages identifient quatre principaux signes du changement climatique : la perturbation du régime des pluies ou leur retard (88 %), les vents violents (79 %), la variation des températures (41 %) et les inondations (5 %).
Ces perceptions rejoignent celles relevées dans d'autres contextes. Une étude récente de Phanzu et al. (2024) menée à Kinshasa a mis en évidence des effets similaires : variation de la température (70,3 %), modification de la répartition des pluies et des saisons sèches (57,4 %) et inondations (45,9 %). De même, Kasongo et al. (2017) rapportent que 97 % des agriculteurs autour de la station INERA/Kipopo (Katanga) déclarent subir les effets de la variabilité climatique, notamment à travers l’augmentation des températures et des irrégularités pluviométriques.
D’autres travaux, tels que ceux de Gomgnimbou et al. (2020), Sissoko et al. (2020), Naceur et al. (2022), Kabore et al. (2019), Mushagalusa et al. (2021), et Karam & Adjizian Gérard (2023), confirment que les populations à travers divers continents (Afrique, Asie, Amérique, Méditerranée) perçoivent le changement climatique par l’augmentation des températures, la diminution des précipitations, la perturbation du régime pluviométrique et la fréquence accrue des sécheresses prolongées.
L’analyse des chaînes d’impact a permis d’établir un lien de causalité entre les effets climatiques perçus et leurs répercussions sur les activités agricoles ainsi que sur les conditions socioéconomiques des ménages. Trois facteurs sont identifiés comme déterminants : les variations de température, les perturbations pluviométriques et les vents violents. Ces phénomènes, en intensification, perturbent le calendrier agricole, compromettent la croissance des cultures et entraînent des pertes significatives.
Parmi les conséquences immédiates observées figurent le flétrissement des cultures, les retards de semis et la perte des récoltes, affectant négativement les rendements et la production globale. Cette baisse de performance agricole se traduit par une réduction des revenus des ménages ruraux, aggravant leur vulnérabilité économique et alimentaire.
Des travaux antérieurs (Cirimwami et al., 2019 ; Bele et al., 2014 ; Munyuli et al., 2013 ; Mushagalusa et al., 2021 ; GIEC, 2019d) ont mis en évidence que ces impacts ont des répercussions non seulement sur les moyens de subsistance, mais aussi sur la sécurité alimentaire.
Les constats faits mettent en évidence la vulnérabilité structurelle du secteur agricole face aux aléas climatiques, soulignant la nécessité de promouvoir des stratégies d’adaptation robustes, fondées sur la connaissance locale des risques et la participation des acteurs communautaires.
Les résultats sont corroborés par plusieurs études antérieures. Sissoko et al. (2020) soulignent que les changements climatiques affectent les ressources et les moyens d’existence des communautés, se traduisant par une baisse des productions agricole et animale, une raréfaction des ressources halieutiques, une déforestation progressive et la disparition de certaines espèces fauniques. Bongongo (2023), dans le contexte du maraîchage, rapporte des effets tels que le jaunissement des légumes (22 %), la mauvaise croissance (19 %), la destruction totale des cultures (18 %), la brûlure (12 %), le pourrissement (10 %), la perte de germoirs (5 %) et le faible rendement (5 %). Ces effets contribuent à la baisse des revenus agricoles.
Des simulations comme celles du projet IMPACT (Bouzelha, 2020) ont confirmé que les fluctuations des rendements des cultures pluviales sont liées aux variations des précipitations et de température. Pour les cultures irriguées, la température est identifiée comme facteur principal des fluctuations. Ces résultats confirment l’importance de ces deux paramètres climatiques comme signaux majeurs du changement climatique perçus par les ménages agricoles.
Malgré la réalité de ces effets, une grande majorité des ménages étudiés n’ont adopté aucune mesure d’adaptation. Seules quelques stratégies sont mentionnées : face aux vents violents, le tuteurage (11 %), la plantation d’arbres (9 %) et le changement de site de production (3 %) ; face à la variation de température, le changement de site (11 %) et l’usage de variétés adaptées (4 %) ; et face au retard des pluies, le changement de site (10 %), la réduction des superficies emblavées (1 %) et l’utilisation de semences améliorées (0,4 %).
Cependant, d’autres études montrent que des réponses endogènes existent. Par exemple, au Burkina Faso, Kabore et al. (2019) relèvent que les producteurs ont abandonné certaines cultures (coton, tabac) au profit de céréales (sorgho, mil), ont adopté de nouvelles cultures (melon, pastèque), utilisé les bas-fonds, développé l’irrigation, maintenu des jachères et construit des fosses fumières.
L’absence de réponse adaptative chez certains ménages accroît leur vulnérabilité, particulièrement lorsque la production est orientée vers l’autoconsommation et fortement dépendante de la pluviométrie (Shimeles et al., 2018 ; Serdeczny et al., 2017 ; Bele et al., 2014 ; Mushagalusa et al., 2021). Une simple variation climatique peut ainsi compromettre gravement les moyens de subsistance.
Il est donc essentiel que les politiques agricoles en RDC soutiennent activement le développement de capacités d’adaptation à travers des initiatives concrètes. Selon Aloni et al. (2024), les ménages ayant adopté des mesures d’adaptation génèrent des revenus nets supérieurs à ceux qui n’y ont pas recours.
Le faible taux d’adaptation s’explique par plusieurs facteurs : l’accès limité au crédit ; faute de garanties foncières (Mulumeoderwa et al., 2019 ; Chandio et al., 2017), le manque d’accès aux technologies (Shimeles et al., 2018 ; Fisher et al., 2015), l’accès non sécurisé au foncier (Mushagalusa & Kesonga, 2019), et la faible utilisation de bonnes pratiques agronomiques (Faye et al., 2019). L’insécurité foncière, en particulier, constitue un obstacle à l’adoption des pratiques plus durables comme l’agroforesterie (Mushagalusa et Kesonga, 2019 ; Mushagalusa A. et al, 2021).
Afin de mieux comprendre les comportements d’adaptation, une analyse par régression logistique a permis d’identifier les facteurs déterminants. Les résultats montrent que la sécurité alimentaire (SCAM), le nombre de personnes actives au sein du ménage et la pratique de l’élevage influencent positivement l’adaptation. À l’inverse, le poids des dépenses alimentaires et l’âge du chef de ménage exercent un effet négatif.
Plus précisément, la variable SCAM présente un coefficient significatif (A = 1,619 ; p < 0,001 ; Odds : 5,050), indiquant que les ménages en sécurité alimentaire ont cinq fois plus de chances d’adopter des stratégies d’adaptation. L’élevage (A = 1,623 ; p = 0,001 ; Odds : 5,070) représente un levier important de diversification des revenus. Le nombre de personnes actives (A = 0,249 ; p = 0,033 ; Odds : 1,283) augmente également la probabilité d’adaptation.
En revanche, l’augmentation du poids des dépenses alimentaires (A = -0,041 ; p = 0,004 ; Odds : 0,960) réduit la capacité d’adaptation, illustrant une contrainte économique. De même, l’âge du chef de ménage (A = -0,041 ; p = 0,036 ; Odds : 0,960) diminue la chance de s’adapter, probablement en raison d’une réticence au changement ou de limitations physiques.
Enfin, certaines variables telles que le revenu, le niveau d’instruction, le genre du chef de ménage, l’appartenance à une organisation ou la superficie cultivée ne présentent pas de lien significatif avec l’adaptation dans ce modèle, suggérant qu’elles ne constituent pas, dans ce contexte spécifique, des facteurs déterminants.
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43 | Raphaël Tshimanga Muamba, Hadiza F. Kiari, Raymond S. Lumbuenamo, Michel K. Bisa, Bernard M. Lutundula, François Bokona, Alphonse Ntumba Luaba, Anne Marie Nsaka, Véronique Tshimbalanga, Génie-Spirou K. Lutonadio, Jean-Felly K Ngandu, Emmanuel-Tsadok N.Mihaha et Mutoy Mubiala (2022). Changement climatique migratoire et transfert d’eau dans le Bassin du Congo : Analyse des défis et perspectives In Nexus Climat-Eau-Migrations-Conflits dans le bassin du Congo : Analyse des interactions en vue de Renforcer la Résilience des Communautés, Raphaël Tshimanga Muamba, Michel Bisa Kibul et Bernard Lututala Mumpasi (2022). |
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49 | United Nations Environment Programme (2024). Raising ambition, accelerating action: Towards enhanced Nationally Determined Contributions for forests. ISBN: 978-92-807-4162-9. Job number: CLI/2651/NA |

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